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01/07/2016 10:35 EDT | Actualisé 02/07/2017 01:12 EDT

A Fallouja, cité fantôme, les traces de l'EI s'effacent peu à peu

Les drapeaux noirs du groupe Etat islamique (EI) ne flottent plus sur la ville irakienne de Fallouja, et les jihadistes, morts ou en fuite, laissent derrière eux une cité fantôme et truffée d'engins explosifs.

Seules quelques rares traces rappellent encore le califat autoproclamé de l'EI à Fallouja, une cité à l'ouest de Bagdad devenue en janvier 2014 un bastion clé de l'organisation ultraradicale. Avant d'être reprise dimanche par les forces gouvernementales irakiennes soutenues par la coalition internationale antijihadistes menée par les Etats-Unis.

La bataille de Fallouja a poussé quelque 90.000 habitants à fuir leur domicile. Ils s'entassent depuis dans des camps de fortune où l'aide humanitaire fait défaut. Leur ville, elle, a subi des destructions dont elle mettra des années à se remettre.

Aujourd'hui, les larges rues de Fallouja sont vides à l'exception des membres des forces de sécurité. Certains se reposent ou tirent parfois en l'air pour célébrer leur victoire, d'autres se sont attelés à désamorcer les engins explosifs abandonnés par les jihadistes avant leur fuite.

La police a ainsi fait exploser de manière contrôlée une cache d'explosifs dans une maison du centre et une colonne de poussière s'élève dans le ciel.

Il y avait "cinq tonnes de nitrate d'ammonium" dans la maison, explique le colonel de la police fédérale Nabil Radhi. Les soldats et policiers continuent de parcourir les rues pour détecter d'éventuels engins explosifs dissimulés dans les bâtiments.

- Drapeau déchiré -

La plupart des drapeaux noirs de l'EI ont été enlevés. Seuls les pans déchirés de l'un d'entre eux flottent encore sur un lampadaire.

Sur les piliers d'un pont routier, des drapeaux de l'EI peints ont été recouverts de peinture rouge et de graffitis en hommage aux forces d'élite irakiennes et aux milices chiites qui ont reconquis la ville.

Les forces de sécurité ont découvert plusieurs prisons de l'EI à Fallouja ainsi qu'un tribunal.

L'un des centres de détention installé dans une maison a été incendié par les jihadistes, selon le sous-lieutenant Hussein Shaker. Il affirme que des membres des forces de sécurité irakiennes y auraient péri brûlés.

Une autre maison --qui aurait elle été mise à feu par les forces irakiennes -- contenait sept cages métalliques.

Les forces progouvernementales ont également montré à l'AFP d'autres traces du règne de l'EI: une attestation de mariage délivrée par l'administration jihadiste, un document rappelant l'interdiction des chansons, des programmes télévisés et des films ainsi qu'un tableau d'affichage ordonnant aux femmes de se couvrir de la tête aux pieds.

- Barbes rasées -

Des cadavres de combattants de l'EI tués dans la bataille de Fallouja gisent toujours sous un soleil de plomb au milieu des ruines.

D'autres jihadistes ont eux réussi à fuir la ville, certains se rasant la barbe pour ne pas être repérés.

"Nous avons trouvé une montagne de poils de barbe", dans une maison, témoigne le sous-lieutenant Shaker.

Des petites embarcations construites en métal et en bois ont été abandonnées dans une école où gisent des corps de jihadistes. Elles auraient été fabriquées dans le but de traverser l'Euphrate pour fuir.

Des dizaines de jihadistes tentant de quitter la ville ont été tués dans des frappes aériennes, ont affirmé mardi l'armée irakienne et le Pentagone. Des chiffres qui n'ont pas pu être confirmés de source indépendante.

Quelques quartiers de Fallouja ont été relativement épargnés. Seuls des impacts de balles sur les murs des maisons témoignent des combats passés.

D'autres ont eux été totalement détruits par les bombardements, tandis que des échoppes et des maisons ont été incendiées par l'EI et les forces de sécurité.

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