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30/06/2016 11:34 EDT | Actualisé 01/07/2017 01:12 EDT

Zagreb dénonce la poursuite de l'arbitrage international sur son conflit avec la Slovénie

La Croatie s'est insurgée jeudi contre une décision d'arbitrage international sur la délimitation de ses frontières maritimes avec la Slovénie de poursuivre son travail en dépit de la décision de Zagreb de sortir de cette procédure.

Les députés croates ont décidé en juillet 2015 de sortir de l'arbitrage international sur le litige qui oppose la Croatie et la Slovénie propos de la baie de Piran, en mer Adriatique, après des révélations selon lesquelles le membre slovène du tribunal avait enfreint ses principes d'impartialité.

Mais le tribunal d'arbitrage a estimé jeudi que bien que la Slovénie ait enfreint les règles, "les violations n'étaient pas de nature à autoriser la Croatie à y mettre fin".

"Il n'y a pas d'obstacle à la poursuite de la procédure", a déclaré le tribunal d'arbitrage dans un communiqué.

Le ministère croate des Affaires étrangères a dénoncé cette décision, estimant que le tribunal n'avait "pas réussi à restaurer la confiance dans l'indépendance et l'impartialité de son propre travail et de l'arbitrage international en général".

Le ministère a rappelé que la Croatie avait décidé de se retirer de l'arbitrage en 2015 et affirmé qu'elle n'était pas tenue de se plier aux décisions du tribunal.

La décision croate faisait suite au scandale qui avait éclaté lorsque avaient été rendus publics des enregistrements de conversations téléphoniques entre un juge slovène membre du tribunal et un représentant du gouvernement slovène. Ils discutaient ouvertement des moyens d'obtenir un jugement favorable à Ljubljana. Tous deux ont depuis démissionné.

Les deux pays avaient été invités à désigner chacun un membre du tribunal qui en compte cinq. Les juges, censés être impartiaux, ne devaient pas discuter de leur travail avec des représentants du gouvernement de leur pays.

Le tribunal a été mis en place conformément à un accord signé sous l'égide de l'Union européenne en 2009 pour régler le litige portant sur la baie de Piran dans le nord de l'Adriatique.

La Slovénie qui ne possède que 46 km de côtes, accuse Zagreb, qui bénéficie de 1.700 km de littoral, de chercher à la priver d'un accès aux eaux internationales.

De son côté, le gouvernement slovène a salué la décision du tribunal.

"La Slovénie respectera la décision finale et espère que la Croatie en fera autant", ont déclaré le Premier ministre Miro Cerar et le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

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