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30/06/2016 02:58 EDT | Actualisé 01/07/2017 01:12 EDT

Un niveau de violences "épouvantable" au Soudan du Sud (commission)

Le niveau actuel des violences dans certaines régions du Soudan du Sud, en violation de l'accord de paix, est "épouvantable", a dénoncé jeudi le responsable d'une commission de surveillance du cessez-le-feu lors d'une réunion à Juba, capitale du plus jeune pays du monde.

"Les incidents récents et les combats ayant eu lieu dans différentes régions du pays sont des indications claires de la fragilité de la situation sécuritaire", a déclaré le général éthiopien Molla Hailemariam, qui dirige le Mécanisme de suivi du Cessez-le-feu et des Arrangements sécuritaires transitoires (CTSAMM).

Le Soudan du Sud, indépendant depuis 2011, a plongé dans la guerre civile en décembre 2013.

Le conflit, marqué par des atrocités à caractère ethnique, des viols et des tortures, a fait des dizaines de milliers de morts - le bilan exact reste inconnu - et plus de 2,3 millions de déplacés. Un accord de paix a été signé le 26 août 2015, mais il n'a pas totalement mis fin aux combats.

La CTSAMM dépend de la Commission de surveillance et d'évaluation (JMEC) de l'accord de paix, créée par l'organisation régionale des pays d'Afrique de l'Est (Igad), pour que l'accord, plusieurs fois violé et dont l'application a été maintes fois repoussée, soit enfin mis en oeuvre.

Lors d'une rencontre jeudi à Juba, le général Hailemariam s'est dit "profondément préoccupé" par les récents combats et les "progrès limités" de la mise en oeuvre de l'accord de paix, selon un communiqué parvenu à l'AFP.

"C'est très inquiétant que les violences se poursuivent, tels les affrontements qui ont éclaté dans (les villes de) Kajo-Keji, dans l'Etat Équatoria-Central, à Raja, dans l'Etat de Bahr el Ghazal occidental, à Leer, dans l'Etat d'Unité, ainsi que les effroyables combats la semaine dernière à Wau", capitale de l'État du Bahr el-Ghazal occidental, a déploré le général.

Plus de 40 personnes ont été tuées dans des combats ces derniers jours dans la zone de Wau, selon le gouvernement. De son côté, l'Organisation internationale pour les Migrations (OIM) a dénoncé mardi les conditions sanitaires "critiques" de plus de 10.000 personnes ayant fui ces combats.

Jeudi à Juba, le général Hailemariam a également fustigé le fait que les équipes de surveillance du cessez-le-feu soit régulièrement empêchées d'accéder à certaines zones, qualifiant d'"inacceptable" ce genre de "harcèlement".

Dans le cadre de l'accord de paix, le chef rebelle sud-soudanais Riek Machar est rentré à Juba en avril pour devenir vice-président d'un gouvernement d'unité nationale formé avec le président Salva Kiir.

Les combats continuent toutefois en divers endroits du pays entre des milices aux intérêts souvent locaux et ne s'estimant pas concernées par l'accord de paix.

Près de cinq millions de Sud-Soudanais, soit plus d'un tiers de la population, font face à une insécurité alimentaire "sans précédent", ont en outre prévenu mercredi l'ONU et le gouvernement sud-soudanais.

Dans certaines zones, les indicateurs de l'ONU atteignent les niveaux les plus dangereux, à savoir "catastrophe" ou "phase 5". La famine est déclarée dans un pays lorsqu'un cinquième de la population est concerné par ces niveaux d'indicateurs.

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