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30/06/2016 02:38 EDT | Actualisé 01/07/2017 01:12 EDT

Roumanie: deux nouvelles plaintes contre des tortionnaires communistes présumés

L'Institut roumain de recherche sur les crimes du communisme (IICCMER) a déposé jeudi au Parquet des plaintes visant deux anciens commandants de prisons communistes, soupçonnés d'avoir provoqué la mort de plus de 200 détenus politiques.

"Nous avons demandé au Parquet de lancer des poursuites pour +crimes contre l'humanité+", a déclaré le président de l'IICCMER, Radu Preda, au cours d'une conférence de presse.

Marian Petrescu, 84 ans, ex-commandant du pénitencier de Galati (est) entre 1959 et 1966, et Gheroghe Bostina, 86 ans, représentant de la Securitate (ex-police politique communiste) dans cette même prison puis dans le camp de travail d'Ostrov (est) entre 1956 et 1964, sont accusés d'avoir "imposé un régime d'extermination" aux détenus, des opposants au régime communiste pour la plupart.

"Les conditions inhumaines dans ces prisons ont entraîné 100 décès imputables à Bostina et 104 imputables à Petrescu", a souligné M. Preda.

Selon des témoignages recueillis par l'Institut, les détenus étaient "frappés, affamés, victimes de pressions psychiques, privés de soins médicaux et forcés de travailler dans des conditions particulièrement dures".

Ces deux plaintes s'ajoutent à six demandes de poursuites visant des tortionnaires présumés déposées jusqu'ici par l'IICCMER.

La justice s'est déjà prononcée sur deux de ces dossiers: Alexandru Visinescu, ancien commandant de la prison de Ramnicu Valcea (est), reconnu coupable de crimes contre l'humanité et condamné en appel l'année dernière à 20 ans de prison ferme, et Ioan Ficior, ex-commandant du camp de Periprava (est), également condamné à 20 ans de prison en première instance, début 2016.

"J'aimerais que le Parquet travaille avec une plus grande célérité sur ces dossiers (...) car les témoins comme les tortionnaires présumés risquent de mourir" avant l'ouverture du procès, a indiqué M. Preda, regrettant qu'il existe "peu de procureurs spécialisés dans les crimes contre l'humanité".

Au total, plus de 600.000 Roumains ont été condamnés et emprisonnés pour des motifs politiques sous le régime communiste, entre 1945 et 1989, selon le musée mémorial des victimes du communisme de Sighet.

Les vagues de répression les plus sévères ont eu lieu dans les années 1950.

mr/ros