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30/06/2016 10:50 EDT | Actualisé 01/07/2017 01:12 EDT

Québec dit constater une ouverture à l'égard de son régime forestier

MONTRÉAL — Il y a encore loin de la coupe aux lèvres, mais le gouvernement Couillard dit constater une ouverture à l'égard du régime forestier québécois dans les négociations visant à reconduire l'entente canado-américaine sur le bois d'oeuvre.

La ministre québécoise de l'Économie, Dominique Anglade, s'est réjouie jeudi de la déclaration commune du premier ministre, Justin Trudeau, et du président américain, Barack Obama, publiée la veille, qui précisait les principaux éléments de négociations.

Sans nommer le Québec, on y évoquait la possibilité de soustraire certaines régions ou entreprises des quotas qui pourraient être imposés.

«Je sens une avancée, oui, a dit Mme Anglade, au cours d'un entretien téléphonique. Il est clair que lorsque l'on parle de la régionalisation du bois d'oeuvre, on parle indéniablement du Québec.»

Selon elle, il s'agit d'une autre preuve que le régime forestier québécois instauré en 2013 répond aux exigences américaines en matière de libre-échange en vertu de son système d'enchères.

Toutefois, dans la déclaration commune d'Ottawa et Washington, on évoquait également un système de quotas, comme dans l'accord précédent, échu depuis octobre dernier.

Sur ce point, la ministre Anglade a indiqué qu'il était important que le marché soit «prévisible» et que les limites ne soient pas «trop restrictives» pour l'industrie québécoise. 

«S'il y a une entente avec un pourcentage des exportations prédéterminé et qui atteint les objectifs du marché québécois, on peut très bien être à l'aise, a-t-elle dit. Il faut s'assurer que l'on puisse pleinement profiter du marché américain.»

Tout au long de la dernière entente, le bois d'oeuvre canadien représentait une part de marché oscillant entre 30 et 34 pour cent de la consommation des États-Unis.

Même si l'accord est échu, les autorités américaines ne peuvent imposer de tarifs douaniers sur les produits canadiens du bois avant la mi-octobre, en vertu d'un moratoire de 12 mois en vigueur depuis la fin de l'ancienne entente.

Toutefois, faute d'un nouvel accord, certains analystes financiers s'attendent à l'imposition d'un tarif douanier pouvant atteindre au moins 25 pour cent d'ici la deuxième moitié de 2017.

C'est notamment le cas de Paul Quinn, de RBC Marchés des capitaux, qui doute que l'impasse soit dénouée d'ici le 12 octobre, soulignant que la déclaration commune reconnaît que «d'importants écarts subsistent» entre les deux parties.

«Aucun détail de ce communiqué ne nous laisse croire que nous devrions changer d'avis pour le moment» écrit l'analyste dans une note envoyée par courriel.

Questionnée à ce sujet, Mme Anglade a dit vouloir «laisser la chance au coureur», rappelant au passage que le Canada et les États-Unis avaient encore quatre mois devant eux pour s'entendre.

S'il s'est montré encouragé par la déclaration commune de MM. Trudeau et Obama, le porte-parole du Nouveau Parti démocratique (NPD) en matière de finances, Guy Caron, s'est toutefois demandé si les élections américaines pourraient freiner les négociations.

«Les élections américaines vont modifier le portrait et peut-être même l'orientation du gouvernement américain», a-t-il dit, à Ottawa.

Par ailleurs, le gouvernement Couillard ne travaille pas, pour le moment, à l'élaboration d'une stratégie visant à aider l'industrie forestière dans l'éventualité où un litige commercial se traduirait par un retour des redevances douanières sur les exportations québécoises de bois d'oeuvre.

«On planche sur le plan de reconnaissance du régime forestier québécois, a tranché Mme Anglade. C'est le seul plan actuellement.»

Au Québec, le secteur forestier compte quelque 60 000 emplois directs et représente 11,7 pour cent des exportations totales de la province.