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30/06/2016 08:00 EDT | Actualisé 01/07/2017 01:12 EDT

Le TPIY confirme en appel la peine de 22 ans contre deux ex-responsables Serbes de Bosnie

Le Tribunal spécial pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) a confirmé jeudi la peine de 22 ans de détention prononcée contre deux anciens hauts responsables des Serbes de Bosnie pour leur rôle durant le conflit qui a déchiré la Bosnie entre 1992 et 1995.

Réputés proches de leur chef politique Radovan Karadzic, l'ex-ministre de l'Intérieur des Serbes de Bosnie Mico Stanisic, 62 ans, et son ancien subordonné Stojan Zupljanin, 64 ans, ont été reconnus coupables en 2013 de crimes contre l'humanité et crimes de guerre pour leur rôle durant cette guerre qui a fait environ 100.000 morts en Bosnie.

"La chambre d'appel révoque les appels de M. Stanisic et M. Zupljanin dans leur entièreté et confirme leurs condamnations", a déclaré le juge Carmel Agius.

Selon son avocat Stéphane Bourgon, "M. Stanisic se sent très mal". "Il m'a dit juste après: +Ce qu'il y a dans ce jugement, ce n'est pas la vérité+."

Actuellement détenus dans la prison spéciale de l'ONU, située à Scheveningen, dans la banlieue de la Haye, les deux hommes "restent en détention auprès du tribunal, en attendant la finalisation des arrangements pour leur transfert vers le pays où leur peine sera purgée", a précisé M. Agius.

M. Stanisic et M. Zulpljanin avaient interjeté appel de la condamnation prononcée au terme du procès en première instance, durant lequel ils avaient plaidé non coupable.

Le procureur, qui avait également fait appel, soutenait que la "gravité des crimes commis mérite une peine plus élevée".

Les deux hommes étaient accusés d'avoir ordonné le déploiement de forces de sécurité qui ont participé, avec l'armée des Serbes de Bosnie, à des atrocités -exécutions, viols et tortures- contre des musulmans et des Croates dans des municipalités ou centres de détention à travers le pays.

Mico Stanisic avait déployé des forces de police actives, renforcées par des policiers de réserve non-qualifiés, dans le but de créer des divisions ethniques sur le terrain afin d'établir "un Etat serbe aussi ethniquement pur que possible".

En tant que ministre de l'Intérieur, Mico Stanisic avait autorité sur l'ensemble des forces de sécurité serbes de Bosnie. Son subordonné était le plus haut responsable de la police dans la région de la Krajina bosnienne, au nord-ouest de la Bosnie.

La chambre d'appel a rejeté la quasi-totalité des arguments des parties appelantes, que la défense qualifiait pourtant de "bases solides".

"Je suis stupéfait, je ne peux pas y croire", a réagi auprès de l'AFP l'avocat de M. Stanisic.

Le juge Agius a également réfuté tout parti pris du tribunal alors que M. Bourgon avait émis des doutes concernant l'impartialité des juges du TPIY durant le premier procès qui avait demandé 354 jours d'audience.

Mico Stanisic s'était rendu en mars 2005 à la justice internationale tandis que Stojan Zupljanin avait été arrêté le 11 juin 2008 près de Belgrade après plus de neuf ans dans la clandestinité.

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