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30/06/2016 05:27 EDT | Actualisé 01/07/2017 01:12 EDT

La Nouvelle armée syrienne, une force marginale dans la lutte contre l'EI

La Nouvelle armée syrienne (NAS), une petite formation rebelle entraînée et équipée par les Etats-Unis, a tenté sans succès d'ouvrir un nouveau front contre l'organisation Etat islamique (EI) à la frontière avec l'Irak.

Le groupe, fondé en novembre 2015, affirme concentrer ses efforts sur la reprise du point de passage de Boukamal, à la frontière entre la Syrie et l'Irak.

Contrôlé par l'EI depuis mi-2014, ce poste-frontière de la province syrienne de Deir Ezzor (est) est hautement stratégique, car il constitue une voie d'approvisionnement militaire pour les jihadistes entre les territoires qu'ils contrôlent dans les deux pays.

Face à l'EI qui compte des dizaines de milliers de combattants, la NAS ne regroupe qu'une centaine d'hommes non islamistes, entraînés par les Américains et les Britanniques dans un camp de la coalition internationale en Jordanie, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

"Il ressort que les États-Unis n'ont aucune considération pour la vie de leurs protégés. Lancer une petite force au coeur du territoire de l'EI était tout à fait insensé", commente Thomas Pierret, spécialiste de la Syrie.

Pour lui, l'offensive de la NAS était "vouée à l'échec" puisque "le groupe est clairement trop faible --une centaine d'hommes-- pour s'engager dans de telles opérations".

Ses membres sont équipés par le Pentagone, et ont été entraînés pour devenir des forces spéciales, selon le porte-parole du groupe Mezahem al-Saloum. Ils sont principalement originaires de Deir Ezzor mais aussi de Homs, au centre de la Syrie.

Le groupe se dit opposé au régime du président syrien Bachar al-Assad, mais est exclusivement mobilisé contre l'EI.

- Pas la force nécessaire -

Depuis sa base-arrière dans la région d'Al-Tanaf, un autre point de passage à la frontière avec l'Irak, il a tenté mardi de lancer une offensive pour reprendre le poste-frontière de Boukamal mais l'opération s'est terminé en défaite.

Sur le long-terme, l'objectif est de reconquérir toute la province désertique de Deir Ezzor, un fief de l'EI.

Les combattants de la NAS sont appuyés dans leurs opérations par l'aviation de la coalition internationale anti-EI conduite par Washington.

Ils affirment coordonner leur action avec les combattants tribaux et les forces antiterroristes du gouvernement en Irak, qui tentent simultanément de reprendre à l'EI le point de passage d'Al-Qaïm, faisant face côté irakien à la ville de Boukamal.

Après avoir traversé le désert séparant Al-Tanaf et Boukamal et être arrivés à 5 km de leur objectif, les combattants de la NAS ont dû battre en retraite mercredi face à la contre-offensive de l'EI, se retirant totalement de la province de Deir Ezzor pour revenir à leur point de départ, selon Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH.

L'EI utilise toujours la même tactique dans les régions désertiques, laissant entrer ses adversaires avant de les frapper lors d'une contre-offensive éclair.

"Nous préparons la prochaine bataille, mais il faudra attendre", souligne M. Saloum.

"La nouvelle armée syrienne n'a tout simplement pas le niveau de force nécessaire pour prendre de tels risques", confirme Charles Lister, un des principaux experts des groupes rebelles en Syrie, qui estime que cette formation disposerait de "pas plus de 150 combattants" et "de quelques milices plus petites qui oeuvrent à ses côtés".

A la mi-juin Washington avait dénoncé des raids aériens menés par la Russie contre la garnison d'Al-Tanaf, où sont basés les combattants de la NAS, ce que Moscou avait démenti.

tgg/sk/iw