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30/06/2016 05:41 EDT | Actualisé 30/06/2016 05:44 EDT

Festival de Jazz 2016: Cat Power entre splendeur et failles

©Stefano Giovannini

Festival de Jazz 2016 premier acte: entre Sharon Jones and the Dap-Kings, Melody Gardot, Gregory Potter et de nombreux autres, que choisir? Direction Cat Power au Métropolis pour bien marquer le coup.

Après une première partie très bien menée de l'artiste à découvrir Jesse Mac Cormack, qui a solidement assuré malgré les problèmes de son, place à Chan Marshall, alias Cat Power, en mode solo. On l'avait vue de manière plus flamboyante en 2012 dans le cadre de la tournée de son dernier album, Sun: toute seule, aura-t-elle de la difficulté à occuper tout cet espace? La réponse se devine déjà: non.

En plein contrôle, la chanteuse américaine de 44 ans a lancé son tour en chant en s'accompagnant à la guitare, alternant avec le piano. Sa voix, puissante, semblait se mouvoir comme une simple respiration tellement elle est maîtrisée. Aucune fausse note, même pas une maladresse ou un tressautement. L'expérience a du bon, n'est-ce pas?

Cat Power a offert un heureux mélange de ses meilleurs succès, n'ayant pas de nouvel album à nous mettre sous la dent. Entre les Great Expectations, Maybe Not, The Greatest, Bully/ Just Like Heaven - reprise de The Cure -, Let Me Go, Why et plusieurs autres titres, on ne pourra jamais dire de l'auteure-compositrice-interprète qu'elle n'est pas généreuse de son talent.

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Une après l'autre, comme des cigarettes qu'on allume à même la dernière, Cat Power a enchaîné les chansons, laissant à peine le temps au public d'applaudir son talent. Humilité? Modestie? Peu importe, les spectateurs ne se sont pas gênés pour enterrer les notes des chansons suivantes pour exprimer leur enthousiasme. «I love you to, whoever you are...» a-t-elle lancé un de ses fans qui venait de lui crier son amour, visiblement émue.

Après une marche particulièrement rigolote vers le piano, on a pu entendre un distinct «Elle est dans un bon mood aujourd'hui, fiou!» dans la salle. Il faut dire que Cat Power a été tristement réputée pour des apparitions trop arrosées sur scène. Celle qui a souffert d'alcoolisme il y a quelques années a dû en venir à cesser de boire pour reprendre sa carrière en main et guérir ses épisodes dépressifs.

Et pourtant, l'auteure-compositrice-interprète s'est relâchée en fin de soirée: plus rieuse, moins concentrée... Si bien qu'elle a oublié les paroles d'une chanson, a bégayé plus souvent qu'autrement lors de ses interventions, a jugé bon de réajuster ses sous-vêtements derrière le piano et a raconté la fois où elle n'a pas eu d'autre choix que de mendier à Paris «comme tout le monde l'aurait fait dans ma situation.» Insécure, Cat Power s'est excusée plusieurs fois pour des broutilles, comme inconsciente de la réputation qui la précède.

Est-ce que ce sont ces failles qui ont poussé la salle à se vider tranquillement avant la fin du spectacle? L'histoire ne le dit pas. Une chose est certaine par contre: ceux qui ont décidé de rester jusqu'à la fin ne l'ont pas regretté. «Thanks for cheering me up!» Le compliment se partage, assurément.

Le Festival de Jazz de Montréal, du 29 juin au 9 juillet 2016. Pour toutes les informations, c'est ici.

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