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30/06/2016 06:07 EDT

Festival de jazz 2016: Sharon Jones et les Dap-Kings célèbrent la vie en musique (PHOTOS)

Paméla Lajeunesse

On avait d’abord craint la pluie, mais c’est sous un ciel clément que la 37e édition du Festival international de jazz de Montréal a accueilli mercredi soir une invitée de marque en la présence de Sharon Jones. Entourée de ses fidèles Dap-Kings, la princesse du soul a offert un concert d’ouverture étourdissant, malgré de sérieux problèmes de santé.

Le cancer, quelle calamité! En 2013, Sharon Jones avait annulé son spectacle au FIJM pour combattre la tumeur. Son retour hier soir sur la scène de la place des Festivals a sonné comme une véritable victoire sur la fatalité.

Sans cheveux sur la tête à cause des traitements, mais habitée par une énergie d’enfer, la chanteuse américaine n’a pas boudé son plaisir de retrouver un public venu nombreux. «Je suis tellement contente d’être ici», a-t-elle lancé avant d’entamer le morceau enlevant Stranger to my Happiness.

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Un spectacle bourré de rythmes et d’étincelles, même si plus tard, dans la soirée, Jones a abordé son cancer et les traitements de chimiothérapie en racontant une partie de son combat avec la chanson Get Up And Get Out, interprétée en crescendo comme un mantra contre la maladie.

Rappelons que cette expérience devrait bientôt faire l’objet d’un documentaire (Miss Sharon Jones!) dont la sortie est bientôt prévue dans les salles de cinéma. Conscient de retrouver une femme qui revient de loin, le public a de son côté applaudi le courage d’une artiste qui n’a pas fini de croquer dans la vie.

Jazz, funk et blues

Souvent considérée telle la réincarnation au féminin du grand James Brown, la chanteuse qui fut autrefois une gardienne de prison a exécuté plusieurs titres qui n’auraient pas fait rougir la comparaison. Le cuivré Long Time, Wrong Time et le très jazzy Natural Born Lover ont apporté la dose vintage d’inspiration sixties.

De sa voix suave, Jones a alterné entre morceaux plus doux (Slow Down) et plus musclés (Given Up). Le tarantiniesque If you Call est venu rappeler les bonnes années de la blaxploitation, genre cinématographique afro-américain des années 1970.

D’ailleurs, on sait que le cinéma ne lui est pas vraiment étranger. Elle a notamment joué une chanteuse de rhythm 'n' blues dans une fameuse scène du Loup de Wall Street, de Martin Scorsese où elle interprète le Goldfinger autrefois immortalisé par Shirley Bassey. Il reste que c’est avec ses propres titres comme Retreat ou le mélodique How do I Let a Good Man Down que madame a offert certains des plus beaux moments du spectacle.

Accompagnée par l’excellent orchestre à la sauce Motown, les Dap-Kings, Jones a enflammé les lieux. Elle a ensuite présenté tous les membres de la formation de Brooklyn, des choristes aux musiciens qui sont derrière l’enregistrement de Back to Black, ultime album d’Amy Winehouse. L’occasion pour le saxophoniste d’offrir un moment jouissif pendant le funky He Said I Can.

Infatigable, Sharon Jones s’est permis plusieurs pas de danse et quelques déhanchements du bassin surtout durant People Don’t Get What They Deserve. Le tout s’est conclu par le succès 100 Days, 100 Nights. Alors qu’on la croyait partie, Jones est revenue pour un dernier tour de piste avec une finale de circonstance, I Learned The Hard Way.

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