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30/06/2016 11:27 EDT | Actualisé 01/07/2017 01:12 EDT

Exclue des JO, la cycliste Joëlle Numainville est « bouleversée »

Dix-neuf cyclistes ont été nommés, mercredi, sur l'équipe canadienne qui pédalera sur la piste, dans les montagnes et sur les routes lors des Jeux olympiques de Rio. Mais le nom de la Québécoise Joëlle Numainville n'est pas sorti du lot. Et elle « s'explique très mal cette décision ».

Un texte d'Isabelle St-Pierre Roy

 

Trois places étaient disponibles en cyclisme sur route féminin. Ce sont plutôt les noms de Karol-Ann Canuel, Tara Whitten et Leah Kirchmann qui sont sortis du chapeau de Cyclisme Canada.

Boudée aux Jeux panaméricains de Toronto, en 2015, Numainville ne pensait pas que le scénario allait se reproduire même si, pour elle, la situation est bien différente.

« Quand j'ai reçu la nouvelle [le 14 juin], j'étais vraiment bouleversée. Je n'y croyais juste vraiment pas. J'ai quand même quatre ans de travail derrière moi », a dit Numainville.

Une situation différente parce que, pour elle, ce sont les résultats qui doivent être comparés pour participer aux Jeux. Aux panaméricains, des cyclistes sur piste avaient été envoyées sur la route. Elle pense qu'elle a « vraiment les performances pour faire partie de l'équipe » avec une 11e place aux derniers Championnats du monde et des podiums sur la scène canadienne.

En appel

Une fois le choc passé, la cycliste lavalloise qui a réalisé la meilleure performance canadienne sur route aux Jeux de Londres, en 2012, a porté sa cause en appel.

« Je cours bien dans les gros événements, j'arrive toujours à sortir mon épingle du jeu. Je ne vois pas pourquoi [je ne suis pas dans l'équipe]. C'est pour ça qu'on fait l'appel. Si je ne croyais pas que j'avais ma place, je n'aurais pas fait l'appel », a expliqué celle qui court en Europe sous les couleurs de l'équipe allemande Cervélo-Bigla.

Elle tient aussi à rappeler que les membres de l'équipe olympique sont toutes de bonnes cyclistes de niveau international.

La date d'audiences devant un arbitre devrait tomber autour du 11 ou 12 juillet. La réponse devrait alors suivre cinq jours plus tard.

Objectif contre-la-montre

Du côté de Cyclisme Canada, on ne souhaite pas commenter directement le cas de Numainville puisque le processus d'appel suit son cours. Les dirigeants veulent se concentrer sur l'épreuve du contre-la-montre puisque « c'est plus facile à prévoir [que l'épreuve de course sur route] et prédire une performance ».

« Tout le monde est à la course aux médailles. On prend des décisions stratégiques en fonction des athlètes, du parcours et du délai entre les courses. La décision a été assez simple et claire à prendre », a expliqué le directeur de haute performance et entraîneur-chef de Cyclisme Canada, Jacques Landry. Il rappelle que le trajet accidenté de Rio et le fait que l'épreuve de route se dispute avant le contre-la-montre ont fait pencher la balance pour des athlètes.

Numainville rappelle qu'elle a amélioré son contre-la-montre, qu'elle a été championne canadienne de l'épreuve en 2013. Elle accorde toutefois que « l'an dernier [elle] eu un peu de difficultés, [qu'elle] n'a pas fait beaucoup de contre-la-montre [et que ça l'a] un peu étiquetée comme juste la fille de route ».

Au final, tout ce que souhaite Numainville, c'est d'avoir des réponses… et de monter sur sa monture à Rio aux côtés de coéquipières qui « ont toutes leurs forces et leurs faiblesses ».