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30/06/2016 06:32 EDT | Actualisé 01/07/2017 01:12 EDT

Des réfugiés syriens sont menacés par la famine, prévient MSF

AMMAN, Jordanie — Des dizaines de milliers de Syriens coincés le long de la frontière avec la Jordanie sont menacés par la faim et par la soif, a prévenu jeudi Médecins sans frontières.

Le groupe humanitaire demande une reprise immédiate des livraisons d'aide qui ont été interrompues quand la Jordanie a fermé sa frontière dans la foulée d'une attaque suicide.

L'organisation ajoute que la communauté internationale devra éventuellement relocaliser vers des pays sécuritaires les quelque 60 000 Syriens coincés dans cette région désertique. MSF dit qu'on ne peut demander à la Jordanie de s'en occuper seule et qu'il serait inacceptable d'abandonner les réfugiés à leur sort ou de les renvoyer en Syrie.

La Jordanie a fermé la frontière à cet endroit après qu'un attentat à la voiture piégée ait tué sept soldats le 21 juin.

Un porte-parole du gouvernement jordanien a dit que les réfugiés représentent un problème international, mais que la Jordanie est prête à participer.

Un représentant de MSF, Benoît de Gryse, a dit que chaque personne reçoit en moyenne 1,5 litre d'eau par jour, soit nettement moins que ce qui est nécessaire. Environ la moitié des réfugiés sont des enfants, a-t-il ajouté.

«Ces gens vivent dans un environnement où la température atteint actuellement 40 degrés Celsius, a-t-il révélé. Il y a des tempêtes de sable, il n'y a pas de végétation pour fournir des abris. Les tentes sont souvent improvisées ou très fragiles, elles n'offrent aucune protection contre le soleil ou le vent. Si rien ne change, nous verrons bientôt de la famine et de la déshydratation, et nous serons confrontés à des morts qui auraient pu être évitées.»

Environ cinq millions de Syriens ont fui leur patrie depuis 2011, dont quelque 650 000 qui se sont installés en Jordanie.

La population de deux camps de tentes le long de la frontière avec la Jordanie a quadruplé depuis le début de 2016. Les forces jordaniennes ont donc renforcé les contrôles douaniers par crainte que des militants du groupe armé État islamique ne tentent d'infiltrer le flot de réfugiés.