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30/06/2016 07:55 EDT | Actualisé 01/07/2017 01:12 EDT

Cameroun: le président Biya refuse de promulguer la réforme du code pénal

Le président du Cameroun Paul Biya a exceptionnellement refusé de promulguer une réforme très controversée du code pénal, la renvoyant devant le Parlement où sa majorité l'avait pourtant approuvée, a-t-on appris jeudi de source parlementaire.

Il est rare que le président Biya, au pouvoir depuis 1982, renvoie pour relecture un projet de loi, qu'en l'occurrence son propre ministre de la Justice Laurent Esso avait défendu.

La demande de modification porte essentiellement sur un article protégeant les ministres de toute poursuite juidiciaire, précise-t-on de source parlemenaire.

"Le président a demandé qu'on amende l'article 127, qui accorde l'immunité aux membres du gouvernement", a indiqué le député Martin Oyono, cité par le site Cameroon-Info.Net. Le site présente Martin Oyono comme "le seul élu du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC, au pouvoir) qui avait refusé de voter l'article 127".

Le président ne s'est visiblement pas prononcé sur les autres dispositions qui suscitent débats et polémiques: maintien de la peine de mort et de la pénalisation de l'homosexualité, amendes et peine de prison pour les loyers impayés et les époux adultères, même les maris polygames.

"Nous regrettons le maintien de la pénalisation de l'homosexualité", avait déploré à l'AFP l'avocate Alice Nkom, estimant par ailleurs que l'adultère doit rester "une cause péremptoire du divorce, sans plus".

L'opposition et l'ordre des avocats demandent le retrait du texte.

Lors de la première adoption à l'Assemblée nationale (le 22 juin) et au Sénat (le 28), les représentants du parti d'opposition Social Democratic Front (SDF, une partie du Cameroun étant anglophone) avaient quitté la salle.

Le texte était en relecture jeudi. L'opposition tentait de retarder le vote qui doit intervenir avant minuit, date-butoir de la session ordinaire. Au-delà, l'Assemblée devrait soit convoquer une session extraordinaire, soit attendre novembre, date de la prochaine session ordinaire

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