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30/06/2016 06:09 EDT | Actualisé 01/07/2017 01:12 EDT

Budget espagnol et portugais: Moscovici appelle au respect des règles

Le Commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici a appelé jeudi au "respect des règles" européennes "pas nécessairement punitives", alors que Bruxelles doit décider la semaine prochaine d'éventuelles sanctions contre Lisbonne et Madrid pour dérapage budgétaire en 2015.

"Il y a des règles. Elles sont là pour être respectées. La Commission européenne a été suffisamment critiquée à cet égard pour être attentive et veiller à jouer son rôle. En même temps les règles sont intelligentes et ne doivent pas être nécessairement punitives", a dit M. Moscovici.

"C'est dans cet esprit-là que je travaille pour les jours ou les semaines qui viennent", a-t-il ajouté dans un entretien avec des journalistes à Bruxelles.

Questionné pour savoir si le Brexit pouvait avoir des conséquences sur les règles du pacte de stabilité et de croissance européen, M. Moscovici a répondu: "Je n'ai pas le sentiment que ce soit le souhait des membres du Conseil européen" -- qui représente les 28 Etats membres de l'Union européenne.

Mardi, le Premier ministre portugais, Antonio Costa, avait jugé que si Bruxelles décidait de sanctionner son pays pour dérapage budgétaire, ce serait "un très mauvais signal pour l'Europe" alors qu'elle est confrontée à des défis aussi "dramatiques" que le départ du Royaume-Uni.

Le Portugal et l'Espagne risquent d'être les premiers pays de la zone euro à se voir infliger une amende pouvant aller jusqu'à 0,2% de leur Produit Intérieur Brut.

En 2015, le déficit public espagnol a atteint 5% du PIB, bien au delà des clous du pacte de stabilité (3% du PIB) et de l'objectif que lui avait fixé la Commission de 4,2%.

Quant au Portugal, il avait affiché un déficit public de 4,4% du PIB l'an passé alors que l'objectif fixé était de repasser sous les 3%.

Alors que Bruxelles avait décidé en mai de reporter au 5 juillet sa décision de sanctionner ou non Lisbonne et Madrid, la Commission européenne reste divisée sur le sujet, selon des sources proches du dossier.

"L'application de sanctions serait un contre-sens", avait souligné mardi M. Costa, dont le pays est sorti il y a deux ans d'un plan d'aide international assorti d'une sévère cure de rigueur budgétaire.

La décision de la Commission doit ensuite être approuvée par les ministres européens des Finances, lors d'une réunion à Bruxelles, qui doit se tenir le 12 juillet.

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