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30/06/2016 13:28 EDT | Actualisé 01/07/2017 01:12 EDT

A Madrid, le Nobel J.M. Coetzee dénonce la cruauté envers les animaux

L'écrivain sud-africain et prix Nobel de littérature J.M. Coetzee, végétarien de longue date, a vivement dénoncé la cruauté des hommes envers les animaux, lors d'une conférence jeudi soir à Madrid.

Le romancier de 76 ans, dont les interventions publiques sont rares, avait accepté l'invitation d'une association madrilène de défense des droits des animaux. Dans une salle comble du musée Reina Sofia, il a lu un de ses longs textes inédits sur ce thème, en demandant expressément à ne pas être enregistré.

Dans cette oeuvre, une écrivaine australienne dialogue avec son fils et suggère que s'il existait des abattoirs transparents au milieu des villes, où chacun pouvait "faire l'expérience de la mort réelle" des bêtes, cela serait intolérable à la société, car "les gens ne tolèrent l'abattage des animaux que parce qu'ils parviennent à n'en rien voir".

Puis le texte engage une longue réflexion, souvent ironique, sur les humains qui n'ont cessé de maltraiter les animaux en se jugeant "bien plus importants qu'eux" et en leur "déniant toute conscience".

John Maxwell Coetzee est végétarien, engagé depuis des décennies envers la cause animale.

"Je ne suis pas un amoureux des animaux. Ils n'ont pas besoin de mon amour (...) Je me fiche de l'amour. Ce qui m'importe, c'est la justice", plaide indirectement son texte, appelant à "cultiver notre capacité innée à la sympathie" en l'appliquant aux animaux.

A l'issue de sa lecture, quand une Madrilène dans l'assistance lui a demandé pourquoi la tauromachie continuait à exister en Espagne, le romancier a simplement écarté les bras sans répondre, comme en signe d'incompréhension totale de cette tradition.

Lauréat du prix Nobel de littérature en 2003, J.M. Coetzee a aussi reçu deux fois le Booker Price - l'un des prix les plus importants en langue anglaise - pour "Michael K, sa vie, son temps" puis "Disgrâce", un roman évoquant le lourd héritage de violence entre Noirs et Blancs dans l'Afrique du Sud post-apartheid.

lbx/fjb