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24/06/2016 09:01 EDT | Actualisé 24/06/2016 09:01 EDT

Haïti: nouvelle campagne pour promouvoir le dépistage du VIH-sida

Elena Duvernay via Getty Images
Red ribbon for aids

Le ministère haïtien de la Santé et les Nations Unies ont organisé vendredi, à l'occasion de la journée caribéenne de dépistage VIH-Sida, une campagne d'information et de tests rapides pour prévenir la propagation de l'épidémie dans le pays.

"Si une personne ne se protège pas aujourd'hui, c'est par manque d'information", explique le Dr Valérie Toureau, de l'organisation Onusida, assurant que des préservatifs sont disponibles et distribués.

"Quant aux tests et aux traitements, la prise en charge est gratuite donc il faut que les personnes le sachent", rappelle-t-elle.

A ce jour, 150.000 Haïtiens sont séropositifs ce qui représente 55% du nombre de personnes qui vivent avec le VIH dans tous les pays des Caraïbes.

"Dans les zones rurales les plus reculées du pays, on constate que la population n'est pas suffisamment informée de la maladie et il y a aussi beaucoup de mythes en Haïti autour du VIH", reconnaît le Dr Toureau.

Certaines prostituées n'utilisent par exemple pas de protection lors de leurs rapports dans la mer, car elles pensent que l'eau salée détruit les microbes.

Si à l'échelle nationale, le taux de prévalence du VIH est de 2.2%, il s'élève à 8.4% chez les travailleuses du sexe et 18.5% pour les hommes homosexuels.

Dans le pays où le poids de la religion est fort, l'homosexualité, si elle n'est pas pénalement condamnée, reste taboue ce qui constitue un obstacle majeur au dépistage.

"La stigmatisation et la discrimination existe et il y a beaucoup de travail à faire sur cela", explique Valérie Toureau.

Avec les autorités sanitaires du pays, l'Onusida accentue donc son action sur ces groupes de personnes plus à risques.

Si plus d'une centaine de personnes sont venues vendredi se faire dépister auprès du centre de tests exceptionnellement installé dans la capitale, Hugo Chevalier, membre de la Coalition haïtienne des volontaires, évoque la peur qui empêche certains Haïtiens de faire le test.

"Ils pensent que s'ils apprennent qu'ils sont malades ils vont mal vivre or il faut que les gens connaissent leur statut pour recevoir des conseils et des traitements", assure le jeune volontaire.

Par la mobilisation des acteurs sanitaires nationaux et internationaux, le pays le plus pauvre de la Caraïbe a enregistré de nets progrès quant à l'épidémie ces dernières années. En 2015, le taux de transmission du VIH des mères à leurs bébés à 6 semaines est passé à 4,51 % alors qu'il était de plus de 12% en 2010. Mais malgré ces avancées, 7.500 personnes séropositives meurent chaque année en Haïti.

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