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23/06/2016 09:56 EDT | Actualisé 24/06/2016 01:37 EDT

Le référendum européen, un exercice risqué

LINDSEY PARNABY via Getty Images
A volunteer hands an unmarked ballot paper to a voter inside a bus being used as a temporary polling station in Kingston-Upon-Hull, northern England, on June 23, 2016, as Britain holds a referendum to vote on whether to remain in, or to leave the European Union (EU).Millions of Britons began voting today in a bitterly-fought, knife-edge referendum that could tear up the island nation's EU membership and spark the greatest emergency of the bloc's 60-year history. / AFP / Lindsey Parnaby (Photo credit should read LINDSEY PARNABY/AFP/Getty Images)

Le référendum pour ou contre le maintien du Royaume-Uni dans l'UE, qui s'est déroulé jeudi dans un climat eurosceptique croissant dans toute l'Union, est le dernier en date, depuis 44 ans, d'une série de scrutins sur les relations européennes.

Même si, dans la plupart des consultations, les électeurs ont répondu "oui", quelques-unes se sont conclus par des "non" retentissants.

Florilège de quelques-uns de ces scrutins :

- La Norvège reste à part -

26 septembre 1972: La Norvège se prononce contre son entrée dans le Marché commun. Elle renouvellera ce refus en 1994. C'est le seul pays qui refusera par référendum d'adhérer.

En revanche, le Groënland, territoire danois d'outre-mer, choisit en février 1982 par référendum de sortir de la CEE (Communauté économique européenne).

- Pas de Brexit en 1975 -

En 1975, alors que la Grande-Bretagne fait partie depuis deux ans de la CEE, lors d'un référendum organisé à l'initiative du gouvernement travailliste d'Harold Wilson, les électeurs approuvent par 67,2% des voix le maintien dans le Marché commun. Tout comme maintenant David Cameron avec les conservateurs, Harold Wilson était confronté à un puissant courant eurosceptique au sein de son parti, le Labour, et le référendum avait été le moyen de sortir de ce dilemme.

- Euro: non danois et suédois, oui français de peu -

- 2 juin 1992: Le traité de Maastricht sur l'UE et la monnaie unique est rejeté à 50,7% des voix par les Danois, contre l'avis de la quasi-totalité des partis politiques représentés au Parlement. Il sera finalement accepté lors d'un second référendum, en mai 1993, après que Copenhague eut notamment obtenu de Bruxelles de ne pas participer à l'euro, comme la Grande-Bretagne.

- Les Français ne l'approuvent que d'extrême justesse (51,05% de oui) le 20 septembre 1992. L'Irlande vote également en faveur de Maastricht.

- 28 septembre 2000: Le Danemark organise un référendum sur l'entrée dans l'euro. 53,1 % des électeurs s'expriment contre.

- 14 septembre 2003: Les Suédois rejettent massivement l'euro, par 56,1% contre 41,8%.

- Constitution: refus en France et aux Pays-Bas -

Le 29 mai 2005, 54,7% des électeurs français rejettent le projet de Constitution européenne.

Puis, le 1er juin 2005, les Néerlandais à leur tour rejettent la Constitution à près de 62%.

L'UE est alors plongée dans une crise institutionnelle dont elle ne sortira qu'avec l'accord scellé en 2007 sur l'adoption d'un nouveau traité européen, dit de Lisbonne, pour faire mieux fonctionner l'Europe à 27.

- Irlande: s'y reprendre à deux fois -

- 8 juin 2001: Les Irlandais rejettent le traité de Nice (54% de non), avec seulement 32% de participation. Pour ce traité destiné à adapter l'UE à l'élargissement en Europe de l'Est, les partisans du "oui" n'ont pas jugé nécessaire de faire campagne.

Après avoir obtenu des garanties sur le maintien de la neutralité militaire du pays, les Irlandais acceptent le texte par 62,9% des voix, lors d'un second scrutin le 19 octobre 2002.

- Même scénario avec le traité de Lisbonne : le 12 juin 2008, l'Irlande lui dit non. Mais le texte sera approuvé lors d'une seconde consultation en octobre 2009.

- En avril, le non néerlandais -

Lors d'un référendum consultatif début avril 2016, l'accord d'association UE-Ukraine est rejeté par 61% des votants (avec seulement 32,28% de participation). Le gouvernement néerlandais estime de ce fait ne pas pouvoir ratifier le traité "tel qu'il est actuellement", même s'il s'applique à titre provisoire.

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