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23/06/2016 12:41 EDT

Cinglant revers pour Barack Obama sur l'immigration

La Cour suprême des Etats-Unis a infligé jeudi un lourd camouflet à Barack Obama, en bloquant de facto sa politique emblématique sur l'immigration.

Ce tournant judiciaire est "frustrant" et "douloureux" pour des millions de personnes, a immédiatement réagi le président américain, tentant de placer le sujet au cours de la campagne qui désignera, le 8 novembre, son successeur à la Maison Blanche.

La décision obtenue sans majorité, à quatre juges contre quatre, se traduit par une poursuite de l'actuel blocage des décrets Obama sur cette question extrêmement chargée politiquement, en pleine année électorale.

Le président Obama avait annoncé en novembre 2014 une série de mesures règlementaires s'assimilant à des régularisations temporaires de millions de migrants majoritairement hispaniques.

Ces décrets prévoyaient pour eux la délivrance de permis de travail, au nom du fait que les Etats-Unis étaient une "nation d'immigrants".

Depuis, quelque 26 Etats, pratiquement tous à majorité républicaine, ont refusé d'appliquer les décrets présidentiels.

Ils ont aussi souvent obtenu des décisions de tribunaux soulignant que le chef de l'Etat avait outrepassé ses droits en court-circuitant les parlementaires.

De fait, l'initiative phare d'Obama est demeurée au point mort, alors qu'il avait fait de ce dossier l'une de ses priorités en arrivant au pouvoir en 2009.

La décision jeudi de la Cour suprême revient à l'enterrer encore plus profondément.

Ce coup sévère est porté dans la dernière année de Barack Obama à la tête de l'exécutif, qui n'aura donc pas le temps de revoir sa copie.

11 millions de clandestins

L'arrêt de la Cour suprême a immédiatement été salué dans le camp conservateur.

"Cette décision aujourd'hui conforte ce que nous maintenons depuis le début: une personne, quand bien même serait-elle le président, ne peut changer la loi de façon unilatérale", a commenté Ken Paxton, le procureur général du Texas.

L'immigration est l'un des premiers chevaux de bataille du candidat républicain à la présidentielle, Donald Trump, qui a promis de dresser un mur à la frontière avec le Mexique, électrisant davantage un débat à fort clivage.

On estime que plus de 11 millions d'immigrants en situation irrégulière vivent aux Etats-Unis. Près de la moitié sont originaires du Mexique.

Les mesures de la Maison Blanche visaient typiquement les clandestins habitant depuis plus de cinq ans aux Etats-Unis, sans casier judiciaire et ayant au moins un enfant américain.

Malgré ses décrets d'intégration des clandestins, Barack Obama restera comme un président qui a beaucoup plus expulsé que ses prédécesseurs, avec au moins 2,4 millions de personnes raccompagnées à la frontière ou renvoyées dans leur pays.

Le rythme baisse toutefois depuis trois ans.

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