DIVERTISSEMENT
22/06/2016 02:57 EDT

Carrière, amours, projets: Louis-José Houde en six temps (ENTREVUE)

Capture d'écran Radio-Canada

Louis-José Houde défraie les manchettes cette semaine, notamment en raison de sa mise au point effectuée sur le plateau de Déjà dimanche!, à Radio-Canada, mais aussi parce qu’il animera le grand spectacle de la Fête nationale, à Montréal, demain, 23 juin, sur la Place des Festivals.

Le talentueux humoriste a aussi dans son sac beaucoup d’autres sujets dont on peut jaser: le film Ça sent la coupe, dont il est la principale vedette (un naturel pour celui qui possède 25 masques de gardiens de buts à la maison – mais n’allez pas lui parler de «collection», il n’aime pas le mot), sa chaîne YouTube, son prochain spectacle (qu’il s’affaire déjà à peaufiner), ses projets pour la télévision… Voici un petit condensé de confidences accordées par Louis-José au Huffington Post Québec dans les derniers mois.

Ce que Louis-José a dit, à propos de…

Ses rares présences au cinéma

«Je ne veux plus en faire pendant que je suis en tournée. C’est trop dur sur l’horaire. C’est pour ça que je n’en ai pas fait pendant six ans. Pendant mon deuxième show, j’ai tourné De père en flic et, juste après, j’ai fait Le sens de l’humour, pendant lequel je faisais une tournée de festivals. C’est vraiment une affaire d’horaires. Cette année, je ne suis pas en tournée, alors c’est le temps.»

*NDLR: Une suite à De père en flic devrait être tournée vers la fin de l’été ou le début de l’automne.

Sa chaîne YouTube

«On est encore en processus de construction. Je suis un peu long à retourner les courriels à ce sujet! Mais je me rends compte que les jeunes sont vraiment là-dessus, c’est comme ça qu’ils nous connaissent. Et pas juste les jeunes. C’est ce qui est en train de prendre le dessus. J’ai découpé mes spectacles en capsules de deux ou trois minutes, pour les rendre accessibles. Je vais ajouter des choses bien packagées, au fur et à mesure. Mais, pour l’instant, je ne prévois pas y inclure de matériel original.»

Pour visionner quelques vidéos de la chaîne YouTube de Louis-José, c’est ici.

Son prochain spectacle

«Dans mon prochain spectacle, j’aimerais être moins nostalgique, moins dans l’anecdote d’enfance et d’adolescence. Je ne veux plus parler de ma famille, je ne veux plus parler de mes parents… Je veux aborder ce qui arrive en 2016, de la paresse générale de la société, de la loi du moindre effort… Davantage des choses comme ça. On veut faire rire, c’est le but premier; si ce n’est pas drôle, ça n’a pas d’affaire là, mais s’il y a en plus un petit message le fun, quelque chose de positif, en arrière, qui va donner le goût aux gens dans la salle d’être juste un peu des meilleures personnes le lendemain, c’est ce que je vise.»

«À un moment donné, on prend de l’expérience, on vit plein d’affaires, on a des petits succès, des petits échecs, et on dirait qu’on se permet de plus en plus de dire ce qu’on pense. Les gens nous suivent ou pas, mais notre plateforme de création nous permet ça. C’est pourquoi il y a plein de styles d’humour, et je trouve ça beau. Il y a de l’humour super hard, ou super absurde. C’est bien que ça soit là, que ça existe.»

«Le prochain show, je vais peut-être le sortir très officiellement, et le jouer 100 fois, au lieu de 400. Je ne ferai plus de «marathons». J’aimerais faire comme un band, jouer de septembre à juin. Peut-être deux saisons, pas trois et demi ou quatre. Le roder pendant l’été, et le présenter de septembre à juin, faire une tournée d’un an, un an et demi. Pour pouvoir en écrire plus, et plus souvent. Maintenant, on a le Bordel (NDLR: dont il est l’un des propriétaires), et c’est bien pratique pour tester des affaires. Ça facilite le renouvellement. J’y vais souvent, je peux y aller quand je veux, et j’en profite. Faire le même show 400 fois, je l’ai fait trois fois, ça me va, mais je pense que c’est juste le bon moment pour arrêter ça. J’ai beaucoup aimé faire trois «marathons»; le dernier, Les heures verticales, ça me tentait, d’en donner 400 représentations. Mais quand je revois et je réentends mes Shows cachés (NDLR: en formule cabaret intime), je les aime, parce que je ne me suis pas tué, je ne me suis pas arraché la santé à les faire. Il y a des numéros que j’ai faits 30 fois, là-dedans. Les numéros qui ont été dans ma vie trois mois, je trouve que c’est sain. (rires)»

*NDLR: L’automne dernier, Louis-José Houde atteignait le million de billets vendus avec ses trois spectacles, Louis-José Houde, Suivre la parade et Les heures verticales.

Sa grande popularité malgré sa quasi absence des réseaux sociaux

«Ça s’explique en partie par le fait que j’ai donné beaucoup, beaucoup de représentations. Et plus tu joues, plus ça devient du «bouche-à-oreille». Je pense que j’ai toujours eu un «bouche-à-oreille» très favorable. Je crois qu’un peu moins de la moitié de ces billets-là ont été vendus avant que Facebook existe. Moi, la fondation de mon affaire n’est pas sur les réseaux sociaux. Je pourrais fermer mon site web demain matin, et j’ose prétendre que ma carrière continuerait quand même, que ça irait bien. J’ai développé des habitudes avec les acheteurs de billets, les gens qui fréquentent les salles de spectacles, qui ont ces habitudes-là. C’est là que je me suis implanté, sur le terrain; je n’ai jamais eu besoin de communiquer en marge avec les gens. Je me sers sporadiquement de ma page Facebook, elle n’est pas à l’abandon, mais c’est très sommaire, comme utilisation. Moi, je vois ça comme une chance, de ne pas avoir eu à me servir de ça pour me faire connaître.»

«Et je me dis aussi que, dans notre métier, il faut qu’il y ait un moment où ça commence, et un autre où ça finit. En ce qui me concerne, je donne des spectacles, et je rencontre les gens après le show. Ce ne sont pas tous les artistes, de toutes les sphères, qui font ça, rencontrer les gens pendant une heure et demi après les spectacles. C’est le contact le plus réel. Quand je ne peux pas le faire, que je manque de temps, j’avertis les gens. Mais, à un moment donné, il faut faire autre chose de sa vie. C’est une question de préférences. Moi, ça m’énerve d’être devant un écran. Je suis un fan de la construction de l’horaire, de la manière de gérer l’efficacité. Et je trouve que tout ça est une succion dégueulasse de temps et d’énergie! Ça encourage la facilité, l’immédiat, la paresse… Moi j’en fais l’usage que je juge pertinent pour moi, mais je ne vais pas juger quelqu’un qui bâtit son public avec ça. C’est juste que ce n’est pas ma méthode. Mais je le dis pour tout le monde : il ne faut pas être tout le temps là-dessus. Il faut vivre des choses pour s’inspirer, pour créer, il faut prendre du recul, s’informer, voyager, lire… Il faut faire plein d’affaires. Donner des spectacles, rencontrer les gens après, et continuer de leur parler sur les réseaux sociaux… À un moment donné, il faut respirer!»

La médiatisation de sa relation avec Magalie Lépine-Blondeau, qui est justement beaucoup passée par le web

«Quand c’est quelque chose de positif, tu laisses ça aller. Ça ne m’a pas surpris. J’ai même été surpris de la lenteur avec laquelle c’a été rendu public. Quand c’a sorti, ça faisait trois mois qu’on était ensemble! (NDLR: L’humoriste et la comédienne se fréquentent depuis l’été dernier). Trois mois qu’on était ensemble, 24 heures sur 24, partout! Ça m’a surpris de constater à quel point ça n’est pas sorti plus vite. Quand c’est officiel, on préfère que les gens sachent, on n’a rien à cacher. En même temps, on essaie de garder ça caché le plus longtemps possible, parce que c’est juste le fun de vivre ça en privé. Mais, quand c’a sorti, ça ne m’a pas dérangé du tout. Je comprends le fonctionnement du web, ces affaires-là…»

La série qu’il développe avec François Avard pour la télévision

«On a écrit quelques trucs. C’est un projet de fiction. Ça se peut que ça ne voie jamais le jour. Ça se peut que ça voie le jour l’année prochaine. Ça se peut que ça voie le jour dans cinq ans, et que je sorte un autre show avant. Tout reste à venir. Mais j’ai toujours su que je referais de la télé. J’en ai fait beaucoup au début de ma carrière, mais moins depuis huit ou neuf ans. J’ai toujours su que ça reviendrait un moment donné, et je me sens mûr pour ça. Mais ça se peut que ça ne se fasse pas. Ça serait une fiction à la Beaux malaises, à la Les pêcheurs, à la Ces gars-là. Je jouerais mon propre rôle… Je ne suis pas pressé de le faire, entre autres, parce qu’il y a beaucoup de circulation en ce moment, à ce niveau-là. Pour l’instant, les humoristes sont assez présents dans ce créneau-là, à la télé. Mais j’ai trouvé une manière, je crois, de ne pas répéter, de ne pas faire comme mes confrères, d’amener ça ailleurs.»

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