BIEN-ÊTRE
21/06/2016 03:47 EDT | Actualisé 21/06/2016 03:48 EDT

Anchorage: rendez-vous doux en Alaska

Sarah-Émilie Nault

C'est un voyage qui se situe entre ciel et terre. Un périple qui s'envole, au gré de son humeur, entre un ciel bleu caressé par les plus belles montagnes aux sommets enneigés qui soient et une terre immense qu'animaux et humains célèbrent à l'unisson et à sa juste valeur. C'est l'un de ces voyages qui changent la vie en offrant un petit moment de répit et en sublimant la nature. C'est un premier arrêt en Alaska, «là où les eaux se brisent», dans la ville d'Anchorage.

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Les glaciers et le vent du Nord

Ma première semaine en Alaska s'est déroulée à la vitesse de l'éclair alors que pourtant, il me semblait enfin prendre le temps de vivre. C'est qu'à travers la ville puis la grande municipalité d'Anchorage, il y a tant à voir et à faire; des kilomètres de vélo au bord de l'eau le long de la Tony Knowles Coastal Trail, des randonnées dans la forêt nationale de Chugach ou dans un tronçon de la route accueillant la mythique course de traîneaux à chiens Iditarod, du canot et du kayak sur les lacs et les rivières, des croisières, de la chasse aux glaciers, de la pêche urbaine et même du surf sur les belles vagues de la rivière Turnagain.

J'ai vécu des moments magiques lors de cette rencontre tant espérée avec le «wild» de l'Alaska. Toute petite dans ce décor immense, humble et fascinée, j'ai calé bien comme il le faut ma tuque sur ma tête alors que je prenais mon envol en hélicoptère vers le tout premier glacier que j'allais fouler. Un glacier logeant une meute de 60 chiens de traîneau élevés par le guide Peter Reuters, tout un personnage en soi et l'un des meneurs de chiens participants à la célèbre course Iditarod (une course en traîneau à chien s'étendant sur près de 1 800 km à travers la forêt boréale de l'Alaska). Là, exactement là où il me semblait devoir être à ce moment précis de ma vie, on m'a raconté l'histoire de l'Alaska, de la naissance de cette course légendaire et de l'arrivée de ces chiens demi-dieux dans un décor improbable et grandiose que j'ai pu habiter le temps d'une balade en traîneau.

Je pense aussi à cette journée passée sur le pont ensoleillé de notre bateau de croisière filant, seul et fier, sur la baie bleutée du Prince-Édouard. À ces arrêts à quelques dizaines de mètres de glaciers majestueux, au bruit de tonnerre précédant l'impressionnant vêlage de l'un d'eux et à ces animaux rencontrés le long de l'expédition (des loutres de mer, des baleines, des chèvres des montagnes, des oiseaux, et parfois même des orques et des bélugas). Un «glacierita» en main – une Margarita à base de glace provenant d'un glacier, oui! - le fort soleil du nord luttant avec le vent froid du large, j'ai savouré l'instant comme on se doit de le faire lorsque tout ce qui se trouve autour est définitivement plus grand que soi. En vivant intensément mon Alaska.

Fascinante Alaska

Tôt le matin, les eaux du lac Eklutna se sont révélées d'un calme saisissant. Privilégiée, je m'y suis retrouvée quasi seule au monde à fendre l'eau turquoise de mon kayak le temps d'une douzaine de kilomètres. Près de moi, Dan, guide fou de plein air depuis toujours et fondateur de la compagnie Lifetime Adventures Alaska. Droit devant, la majestueuse montagne Bold Peak. Tout autour, l'impressionnant parc d'État de Chugach. Et au retour, la même douzaine de kilomètres parcouru cette fois à vélo à travers les sentiers rocheux serpentant les montagnes.

J'ai été fascinée par l'Alaska. Surtout, lorsqu'en visite à l'Alaska Native Heritage Center, on m'a raconté l'histoire et les traditions derrière les 5 grands groupes autochtones d'Alaska (Athabascan, Yup'ik & Cup'ik, Inupiaq & Yupik de l'île du St-Laurent, Unangax & Alutiiq et Eyak, Tlingit, Hida & Tsimshian). Puis lorsque Yari, notre guide yupik («du Nord», a-t-elle précisé) nous a dévoilé les secrets derrières les tatouages qui ornent, pour l'éternité, ses mains et le bas de son visage. «Tout ce que nous possédons, tout ce que nous utilisons a un sens et une histoire, a-t-elle dit. Nos tatouages disent tout de nous. Nos vêtements et nos bijoux servent à raconter notre histoire ainsi que celle de nos ancêtres.»

Sur le site de ce musée en plein air, autour du grand lac, des parcelles de villages anciens ont été reconstituées. Les valeurs universelles et les activités traditionnelles comme la danse et le chant conservent une place de choix. «Pour nous, le meilleur des remèdes est la danse», a ajouté un jeune autochtone. Ici, le partage avec la communauté a traversé les âges. «Je vous donne la permission de dire la vérité sur notre histoire avec amour et paix pour que les gens puissent guérir et apprendre de ces erreurs», auraient d'ailleurs murmuré aux nouvelles générations les sages maîtres anciens.

Vers le soleil de minuit

À quelques semaines du solstice d'été, Anchorage m'a accueillie avec ses belles journées ensoleillées qui n'en finissaient plus. Ainsi, en soirée, je me suis rendue regarder les pêcheurs urbains à l'oeuvre, alors qu'ils taquinaient les gros saumons sans avoir à se soucier de la noirceur qui n'allait pas tomber avant minuit. En plein coeur de la ville et juste avant la marée, les habitants d'Anchorage (qui ont bien mérité ces longues journées de clarté, eux qui doivent subir les sombres aléas venant avec l'arrivée de l'hiver et de la nuit polaire) ainsi que les visiteurs, ont pris l'habitude de venir pêcher dans la Ship Creek, une étroite, mais longue rivière truffée de saumons royaux et argentés.

Quand aux ours noirs et aux grizzlies, ces célèbres emblèmes de l'Alaska auxquels on m'avait recommandé de faire bien attention avant mon départ, j'ai pris grand soin de ne pas les croiser lors de mes diverses randonnées. (*En Alaska, il est impératif de connaître et de bien suivre les directives en cas de probable face-à-face avec un ours). Par contre, et par bonheur, c'est tout en sécurité que j'ai pu admirer ces belles bêtes brunes et noires à l'Alaska Wildlife Conservation Center, un centre éducatif et un refuge pour animaux sauvages orphelins ou blessés.

Ainsi, entre un ciel visiblement plus bleu et plus clair qu'ailleurs, des enfilades de montagnes royales aux sommets enneigés, des chemins de fer qui ne semblent avoir peur de rien, des lacs, des rivières et d'impressionnantes marées, Anchorage et l'Alaska ont eu raison de mon coeur de citadine en une toute petite poignée de secondes balayées par le vent du Nord.

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-Vous rêvez de dormir dans l'un des plus beaux hôtels de la région, en plein coeur de la forêt boréale? L'Alyeska Resort est tout simplement parfait. De plus, en empruntant le téléphérique du complexe, c'est une vue saisissante sur les montagnes à 2 300 pieds d'altitude, ainsi que les plats divins du chic restaurant Seven Glaciers qui vous y attendent. http://www.alyeskaresort.com/

-Pour en savoir plus sur Anchorage et sur l'Alaska, on visite: http://www.anchorage.net/

et on se procure le guide Ulysse «Fabuleux Alaska et Yukon».