Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Québec, qui a fermé ses portes en 2021.

Premier Contact Lincoln MKZ 2017 : Le luxe de faire autrement

Après son lancement au Salon de Los Angeles en novembre dernier, le verdict était unanime; la réussite de la nouvelle berline Lincoln MKZ dépendra de ses performances et de sa capacité à plaire à ceux qui recherchent une voiture de luxe différente (lire ici : pas européenne).

Lincoln MKZ 2017

On apprécie une voiture de luxe comme on apprécie la fine cuisine. En cuisine, les ingrédients frais, en nombre limité, prévalent sur l’ajout d’assaisonnements pour créer de la saveur. Autrement dit, un bon chef a normalement la capacité de transformer des éléments élémentaires en un chef d’œuvre.

Un design entièrement remodelé et des attributs invitants

Pour l’édition 2017, la MKZ a passé au couteau (ainsi qu’au malaxeur). La devanture emprunte dorénavant une calandre chromée qui s’apparente légèrement à celle d’une voiture anglaise; Ford nous a confié qu’elle s’inspire plutôt de la nouvelle Lincoln Continental.

Or, les phares à D.E.L. adaptatifs de série superposés de chaque côté de la calandre ne sont rien de moins que sublimes, et les rétroviseurs garnis d’accents en aluminium brossé sont également réussis. La MKZ charme au premier coup d’œil.

Par-dessus le marché, les concepteurs chez Lincoln ont tout mis en œuvre pour rendre leur voiture invitante; une projection de l’emblème du constructeur sur le sol lorsqu’on s’approche du véhicule, l’éclairage ambiant dans l’habitacle personnalisable, et plusieurs autres éléments ont été ajoutés pour que les conducteurs se sentent privilégiés, et « chez eux ».

Quatre cylindres turbo? Présent! Moteur hybride? Présent! V6 biturbo? (silence)

De prime à bord, il est important de mentionner que la pièce de résistance mécanique de la nouvelle MKZ brillait par son absence. En effet, la version munie du V6 biturbo développant une vorace cavalerie de 400 chevaux n’était pas présente à l’essai durant l’événement. Mais le constructeur nous a assuré que cette version nous serait présentée plus tard cet été. Il restait donc deux cobayes : le quatre cylindres 2,0 L turbocompressé et la motorisation hybride à cycle Atkinson.

Le premier a démontré une performance très adéquate avec ses 245 chevaux et 275 lb-pi de couple. Il est muni de la boite automatique à six vitesses qui offrait une rapidité exemplaire et le moulin a su plaire dans les courbes et vallons des routes sur lesquelles nous l’avons mis à l’épreuve. La traction intégrale offerte avec cette version l’avantage beaucoup, et les acheteurs canadiens en bénéficieront grandement durant la saison hivernale.

Le moteur hybride, pour sa part, a reçu une moins bonne note sur le plan de l’agrément de conduite. Un peu trop bruyant et offrant une puissance timide avec 188 chevaux de puissance et 129 lb-pi de couple, la MKZ hybride semblait en peu lourde en accélération. Son moulin est accouplé à une CVT, qui offre peu d’agrément de conduite. En contrepartie, elle contribue à offrir une consommation d’essence exceptionnellement frugale de 6,1 l/100 km. Cette déclinaison est offerte en configuration traction exclusivement.

Au chapitre de la tenue de route, la MKZ fait bonne figure, sans tout de même être « sportive ». Elle est munie d’attributs qui permettent d’offrir une synergie entre confort et sportivité. Par exemple, le système d’amortissement contrôlé en continu joue un rôle essentiel dans ce volet. Celui-ci agit sur la suspension et le conducteur remarquera que la voiture devient progressivement plus fougueuse et fournit plus de précision dans les virages lorsqu’on la manipule vigoureusement sur la route. Pour suivre la ligne de pensée de la conduite sans effort, la MKZ est munie du stationnement en parallèle et perpendiculaire automatique (même pour sortir!) et du régulateur de vitesse adaptatif – qui va jusqu’à arrêter le véhicule complètement, pour ensuite accélérer à nouveau et regagner la vitesse prescrite, au besoin.

Un intérieur au confort exemplaire, avec un bémol concernant certaines textures

Lincoln a écouté ses clients, les commandes du tableau de bord de la génération précédente ont laissé place à des boutons et leviers plus faciles à manipuler. Hélas, ces nouveaux boutons fabriqués de plastique chromé offrent une texture stérile. Dans le tableau de bord, les boutons de changements de rapports se trouvent l’un en dessous de l’autre à droite du volant. Le mouvement pour les actionner est inhabituel, mais ceci permet de libérer de l’espace très apprécié dans la console centrale. Sur la version 2,0 L à essence, le volant est garni de palettes de changements de vitesse. Ceux-ci sont en plastique; une touche d’aluminium aurait été fortement appréciée à cet endroit.

Les sièges sont extrêmement confortables, à l’avant tout comme à l’arrière. Coussinés stratégiquement et offrant un support adéquat, ceux-ci sont assurément à l’épreuve des longs voyages. À l’arrière, les places offrent un espace suffisant. Au niveau du divertissement, la chaîne Revel Audio Ultima est un attribut que l’on vante fortement chez Lincoln, et après un essai exhaustif avec une liste de musique très diversifiée, la chaîne a répondu à (et dépassé) nos attentes; les audiophiles ne seront guère déçus.

Pour conclure, je crois que le garde-manger est bien rempli chez Lincoln, et les chefs qui y travaillent détiennent l’expérience pour concocter des plats dignes des meilleures tables. En plus, ils ont le luxe de faire autrement. Or, la cuisine fusion peut s’avérer épineuse, et ce, pour n’importe quel restaurateur…

Les ventes se portent bien chez Lincoln. On ouvre des concessionnaires « à la pelletée » en Chine et l’âge moyen des clients est au plus bas qu’il ne l’a jamais été. Mais le constructeur jongle entre deux types de clients avec la MKZ : ceux qui n’aiment pas vraiment conduire (philosophie de conduite sans effort), et les gens qui veulent une voiture de luxe qui offre des performances dignes de ce nom. Quand on fait ça, on a de la difficulté à créer l’âme de la voiture, et on compense parfois avec des gadgets.

Une voiture de luxe étiquetée à 60 000 $ (prix de nos modèles d’essai) devrait être invitante simplement grâce à ses caractéristiques techniques, son look et l’impression naturelle qu’elle crée lorsqu’on y prend place. La MKZ est belle et confortable, mais devrait user de meilleurs ingrédients de base à l’intérieur et sur le plan mécanique, plutôt que de gadgets qui visent à la rendre « invitante » artificiellement.

Finalement, notre essai éventuel de la version équipée du moteur V6 de 400 chevaux permettra de déterminer si et comment la MKZ se mesure à ses rivales au chapitre de la performance.

Voir aussi:

Cuba: Autos
Envoyer une correction
Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Canada, qui ont fermé en 2021. Si vous avez des questions ou des préoccupations, veuillez consulter notre FAQ ou contacter support@huffpost.com.