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Pour Marc Bergevin, le temps est venu de saisir le marteau et de rénover

BILLET - S'il y a une semaine dans l'année où un directeur général de la LNH doit être prêt à livrer la marchandise, c'est bien celle du repêchage. Et s'il y a un directeur général qui a les projecteurs braqués sur lui cette semaine, c'est bien Marc Bergevin.

Un texte de Martin Leclerc

La dernière saison, qui s'est soldée par une 13e place dans l'Est, a été très difficile à plusieurs points de vue pour le directeur général du Canadien, qui a vu sa lune de miel avec les partisans de l'équipe prendre fin. Avec certains médias aussi.

Dans le vestiaire, malgré plusieurs visites du DG, le groupe de jeunes leaders identifié par la direction s'est carrément effondré. Et sur la patinoire, l'absence de Carey Price a cruellement fait ressortir de nombreuses failles dans la formation. De leur côté, les entraîneurs n'ont jamais reçu d'aide de la part de leur patron.

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La soirée de vendredi sera la plus importante du règne de Marc Bergevin à la tête du Canadien.

Depuis sa nomination, survenue il y a quatre ans, Bergevin a essentiellement géré le noyau et les actifs que lui avait légués Pierre Gauthier. Or, pour la première fois, on s'attend à voir Bergevin prendre des décisions significatives et marquer cette équipe de son empreinte. Il ne peut tout simplement pas rentrer bredouille à Montréal.

Le problème, c'est que les chantiers ne manquent pas.

Le Canadien peut-il se permettre d'entreprendre la prochaine campagne sans modifier considérablement sa ligne de centre?

Alex Galchenyuk n'a aucune expérience à titre de premier centre et n'a presque pas été utilisé à cette position dans la LNH. Tomas Plekanec, qui célébrera ses 34 ans en octobre, vient de connaître une saison gênante. David Desharnais se voit lui-même comme un troisième centre. Et Lars Eller n'a pas les habiletés offensives nécessaires pour pivoter l'un des deux premiers trios.

Le Canadien peut-il se permettre de laisser passer les vacances d'été sans rehausser son flanc droit?

À part Brendan Gallagher, le CH est dépourvu à cette position. Depuis quatre ans, Marc Bergevin a multiplié les transactions pour combler cette lacune. Sans succès.

Compte tenu de ce qui s'est produit la saison dernière, peut-on imaginer le CH démarrer la prochaine campagne sans modifier son duo de gardiens?

Les Penguins de Pittsburgh viennent de remporter la Coupe Stanley avec leur second gardien, Matt Murray, devant le filet. Et son vis-à-vis des Sharks, Martin Jones, était jusqu'à l'an dernier le second portier des Kings de Los Angeles. Le poste de gardien auxiliaire est important dans la LNH. Et à Montréal, peut-être un peu plus.

Compte tenu des difficultés éprouvées par les jeunes leaders de la formation l'an dernier, serait-il souhaitable d'acquérir des vétérans aguerris capables de les appuyer?

Ça en dirait long sur les capacités des vétérans actuels de l'équipe.

Et à la ligne bleue? Quelle version de P.K. Subban bondira de la boîte à surprise en septembre? À l'aube de ses 38 ans, Andrei Markov tiendra-t-il le coup? Sera-t-on en mesure d'alléger sa charge de travail? Nathan Beaulieu peut-il encore progresser ou a-t-il atteint le plafond?

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Il est difficile d'attaquer tous ces problèmes de front. Et il n'est pas facile de tracer un plan quand l'identité d'une équipe n'est pas claire.

Tous les yeux sont rivés sur Marc Bergevin, qui détient le neuvième rang de la séance de sélection et qui a de belles cartes dans son jeu.

À Buffalo, vendredi soir, tous les directeurs généraux présents sur le plancher du repêchage seront disposés à négocier pour rehausser la qualité de leur formation ou pour améliorer leur rang de sélection.

Au cours d'une année de calendrier, la fin de semaine du repêchage est désormais la seule où toutes les planètes sont alignées. Les pourparlers sont en cours depuis des semaines, voire des mois. La quasi-totalité des organisations dispose d'une marge de manœuvre financière pour procéder à des mouvements de personnel, et celles qui n'ont pas d'espace pour manœuvrer cherchent à déplacer des pions pour s'en donner.

Dès la fin du repêchage, le ballon se dégonfle. Le carrosse redevient citrouille.

Ça doit se passer vendredi.

Il vient un moment où déplacer des bibelots ne suffit plus. Il faut sortir le marteau et rénover quand c'est nécessaire.

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