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18/06/2016 03:30 EDT | Actualisé 19/06/2017 01:12 EDT

Soudan: des rebelles disposés à discuter du cessez-le-feu proposé par Khartoum

Un groupe rebelle soudanais a annoncé samedi sa volonté de participer à des pourparlers indirects avec le régime de Khartoum qui a décrété quelques heures plus tôt un cessez-le-feu de quatre mois dans les Etats du Nil Bleu et du Kordofan-Sud.

Les forces du président Omar el-Béchir combattent depuis 2011 celles du Mouvement de libération du Soudan (SPLM-N) dans ces deux Etats du sud du pays, sans qu'aucune n'ait jusqu'ici réussi à avoir le dessus.

"Nous appelons le régime à envoyer immédiatement une délégation à Addis Abeba pour discuter avec les médiateurs de l'Union africaine afin d'activer l'offre de cessez-le-feu", a indiqué le SPLM-N dans un communiqué.

Une délégation gouvernementale s'était déjà rendue en mars dans la capitale éthiopienne pour une rencontre avec des rebelles et des partis de l'opposition mais les pourparlers n'avaient donné aucun résultat.

"Un mécanisme de contrôle et de surveillance de la cessation des hostilités doit être mis en place dans le cadre d'un processus de paix global", a requis le groupe rebelle.

Les insurgés ont également demandé au régime de libérer tous les prisonniers politiques et étudiants détenus au cours des derniers mois lors d'affrontements avec les forces de sécurité dans plusieurs universités.

L'offre de M. Béchir "est destinée à montrer aux groupes rebelles que nous leur donnons une chance de rejoindre le processus de paix en rendant les armes", a indiqué vendredi un porte-parole de l'armée.

Ce cessez-le-feu intervient avec le début de la saison des pluies qui rend impraticables les routes des Etats du Nil Bleu et du Kordofan-Sud. Au cours des deux dernières années, le gouvernement a lancé ses offensives lors des périodes sèches qui débutent en novembre.

Khartoum avait déjà annoncé fin 2015 un cessez-le-feu dans ces deux Etats, mais sa levée récente a vu la reprise des combats.

Le régime soudanais limite les accès pour les journalistes à ces régions touchées par les conflits et rend donc difficile la vérification des différentes versions, souvent contradictoires, de l'armée et du SPLM-N.

Le cessez-le-feu décrété vendredi ne s'appliquera pas au Darfour (ouest) où le conflit entre séparatistes et régime a fait plus de 300.000 morts et 2,6 millions de déplacés depuis 2003, selon l'ONU.

M. Béchir est recherché depuis 2009 par la Cour pénale internationale pour des accusations de crimes de guerres, crimes contre l'humanité et génocide dans cette région.

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