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18/06/2016 06:19 EDT | Actualisé 19/06/2017 01:12 EDT

Euro-2016/France - Pogba: y mettre un point d'honneur

Un bras d'honneur supposé qui fait tache, des performances décevantes bien réelles qui fâchent: Paul Pogba, star sous pression de l'équipe de France, a raté son entrée dans l'Euro, mais il peut encore montrer son meilleur visage, dès dimanche contre la Suisse à Lille (19h00 GMT).

Le temps qui passe va-t-il finir par jouer en sa faveur ? Après les nuages et l'orage, le soleil va-t-il enfin poindre au-dessus de sa tête ? Cette tête qui ne passe plus inaperçue depuis longtemps pour qui suit de près ou de loin le foot. Cette tête où est sculpté capillairement "Pogba". Au cas où on aurait oublié de qui on parle, à moins que ce ne soit l'expression d'un ego légèrement surdimensionné.

La question du pourquoi de ce "Pogba" sur son crâne ne sera pas tranchée. Pas plus que le pourquoi de ce geste équivoque - bras d'honneur ou pas ? - que le milieu de terrain âgé de 23 ans a fait mercredi, au moment de célébrer le but du 2-0 contre l'Albanie, inscrit par Dimitri Payet à Marseille.

Lui s'est défendu le lendemain, dans un communiqué envoyé à l'AFP, d'avoir mal agi ou voulu s'en "prendre à qui que ce soit ou (se) venger de quoi que ce soit". Le soufflé a beau retomber, que l'histoire de Pogba dans cette compétition finisse sur une note glorieuse, sur un échec sur toute la ligne ou sur un goût d'inachevé, elle aura commencé par ce geste malheureux qui restera une des images marquantes de l'Euro côté français.

- Enfin le déclic ? -

Raison de plus pour que le joueur de la Juventus Turin déplace enfin le curseur sur ses pieds magiques plutôt que sur ce bras devenu incontrôlable sous la pression. Celle qu'il s'est mise tout seul avant le tournoi en clamant vouloir "devenir une légende" au magazine So Foot et qui ne cesse de grandir avec l'attente qu'il suscite auprès de la France du football.

Potentiellement, il reste cinq matches à Pogba pour se montrer à la hauteur de ces enjeux. Et le premier contre la Suisse dimanche peut faire office de déclic, avant la montée en puissance tant espérée.

Il y a deux ans, au Mondial brésilien, les Suisses avaient été corrigés par les Tricolores (5-2) lors du deuxième match de groupe. Un match que n'avait pas débuté Pogba, mis sur le banc par Didier Deschamps après son match inaugural tendu contre le Honduras, face auquel il avait frôlé l'exclusion et abusé de gestes inutiles.

Ayant compris la leçon, Pogba était revenu plus fort dans le onze-type et s'était montré décisif en marquant face au Nigeria (2-0) en huitièmes de finale. In fine, il avait été désigné meilleur jeune de la Coupe du monde.

- 'Il doit donner plus et il le sait' -

Cette fois, Deschamps a à nouveau fait débuter Pogba sur le banc pour le deuxième match de l'Euro contre l'Albanie, conséquence de son piètre match d'ouverture face aux Roumains (2-1). A présent, il doit espérer que Pogba, ainsi recadré, s'élève enfin dans le tournoi.

Or, s'il y a deux enseignements à tirer du 4-2-3-1 tenté et raté par le sélectionneur en première période contre les Albanais, c'est qu'il ne sera pas réédité en début de match. Et que Pogba, entré à l'entame de la seconde période pour le rebasculement en 4-3-3, s'avère indispensable malgré ses insuffisances du moment.

"Paul doit donner plus et il le sait", avait dit le gardien Hugo Lloris avant d'affronter l'Albanie. Sans être véhément, le capitaine des Bleus est le seul à s'être exprimé franchement sur ce sujet devenu tabou chez ses partenaires.

Or, s'il ne faut jamais sous-estimer le coeur d'un champion, il faut parfois piquer au vif son orgueil. Surtout lorsque le talent seul ne suffit pas à atteindre les sommets.

nip/kn/es