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18/06/2016 02:03 EDT | Actualisé 19/06/2017 01:12 EDT

Euro-2016/Espagne: Premier coup d'éclat et rêve de triplé

En route vers un triplé inédit ? Dans un début d'Euro-2016 jusqu'ici pauvre en spectacle, l'Espagne, double tenante du titre, s'est posée en favorite à sa propre succession en signant la première vraie démonstration offensive du tournoi contre la Turquie (3-0) vendredi.

. Un coup de poing sur la table

Dès le début de l'Euro, la "Roja" a tapé du poing sur la table avec deux succès probants contre la République tchèque (1-0) puis la Turquie, synonymes de qualification anticipée pour les huitièmes de finale.

De quoi effacer l'humiliation de son élimination précoce dès le premier tour du Mondial-2014 au Brésil après seulement deux rencontres.

"Après le Mondial, c'était une déception pour tout le pays", a reconnu vendredi soir le meneur de jeu Andres Iniesta. "Mais la réponse de l'équipe a été très positive sur ces deux premiers matches. Elle a démontré à nouveau son mental, celui d'un grand effectif."

Au passage, la "Roja" a étiré sa série d'invincibilité en phase finale de l'Euro à 14 rencontres consécutives, dépassant les 13 matches sans défaite en Coupe du monde enchaînés par le Brésil du "Roi" Pelé entre 1958 et 1966.

Euphorique, la presse espagnole a salué le retour au premier plan de la "Seleccion", la jugeant capable de conquérir une troisième couronne continentale d'affilée après 2008 et 2012. "Le coup du champion", a titré le journal barcelonais Mundo Deportivo. "Favoris", a répliqué son homologue valencien Superdeporte.

"C'est comme cela que jouent les champions", s'est enthousiasmé pour sa part le quotidien sportif madrilène Marca, avec en première page une photo de l'attaquant Alvaro Morata, auteur d'un doublé.

"L'Espagne s'est qualifiée confortablement et en augmentant son prestige", a résumé dans un éditorial Alfredo Relaño, directeur du journal As. "Nous voyons cette sélection avec le vent en poupe et toutes voiles dehors."

. Un coup de fouet au moral

Les motifs de satisfaction abondent au lendemain de la victoire contre les Turcs: citons la qualification acquise avant l'heure, la première place provisoire du groupe D (6 pts) qui permet à l'Espagne de se contenter d'un match nul contre la Croatie (2e, 4 pts) mardi pour finir en tête, ou encore l'avertissement envoyé aux autres favoris.

Mais surtout, ce début d'Euro a fait du bien au moral des Espagnols en levant un à un les doutes qui les accompagnaient jusqu'alors.

La préparation écourtée ? Pour le moment, les joueurs du sélectionneur Vicente del Bosque n'ont pas montré de signe d'essoufflement, ni de manque d'automatismes au sein d'un onze où sept joueurs étaient déjà titulaires en finale de l'Euro-2012.

La question du gardien N.1 ? Elle a été tranchée au premier match par Del Bosque: David de Gea est désormais le portier titulaire, malgré le scandale sexuel qui a perturbé son début d'Euro, et l'emblématique capitaine Iker Casillas, relégué sur le banc, s'est attaché à assumer un rôle de motivateur en chef.

Enfin, l'attaque manquait d'efficacité ? Vendredi soir, Morata a justifié son installation au poste d'avant-centre, longtemps sinistré en sélection espagnole, avec un doublé. Et l'ailier gauche Nolito, buteur et passeur, a également débloqué son compteur.

. Le coup de semonce de Del Bosque

Aussitôt après la victoire, Del Bosque s'est néanmoins gardé de toute euphorie. "Cette équipe a progressé mais n'a encore rien gagné, elle est seulement sortie de la phase de poules", a prévenu l'expérimenté sélectionneur (65 ans).

Certes, ladite poule était très dense et l'Espagne est sans doute l'équipe dont le jeu a le plus impressionné, dans le sillage de l'étincelant Iniesta. Mais contre les redoutables Croates, mardi à Bordeaux, se reposer sur ses lauriers serait dangereux.

Pour éviter tout relâchement, il faudra peut-être introduire quelques changements dans le onze de départ pour impliquer tout le monde, par exemple en offrant à Casillas une titularisation pacificatrice dans un match à moindre enjeu.

"Nous trouverons onze titulaires pour obtenir les trois points contre la Croatie", s'est borné à dire Del Bosque. Sûr de son coup, comme à son habitude.

jed/es