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17/06/2016 03:32 EDT | Actualisé 18/06/2017 01:12 EDT

Un dissident chinois et ses proches "menacés" après un livre critiquant Pékin

Un éminent dissident chinois et ses proches ont été "menacés" après une conférence de presse tenue par sa fille à Hong Kong pour présenter son nouveau livre évoquant la fin possible du Parti communiste chinois, ont affirmé sa fille et des militants vendredi.

Des agents chinois des services de sécurité ont fait irruption mardi au domicile du frère de l'avocat Gao Zhisheng où il réside, dans un village isolé de la province de Shaanxi, et on est sans nouvelles du dissident depuis.

Zhisheng, grand défenseur des droits de l'Homme, était en résidence étroitement surveillée depuis sa libération de prison en août 2014.

Il avait été condamné à trois ans de prison pour subversion, ce qui avait suscité un vif émoi à l'étranger.

"Je sais que juste après la conférence de presse de Grace (sa fille) à Hong Kong, des membres des services de sécurité chinois ont fait irruption au domicile de son frère et les ont menacés", a déclaré Bob Fu, président de China Aid Association, un groupe de défense des droits de l'Homme basé aux Etats-Unis et co-éditeur du livre.

"Nous ne savons pas s'il a été sorti de sa maison à Shaanxi. Nous ne savons pas où il se trouve", a-t-il ajouté, précisant qu'un contact local qui avait transmis l'information de la visite des agents de sécurité, était également porté disparu.

Présentant à Taipei le nouveau livre de son père, qui raconte également les tortures qu'il a subies de la part des autorités chinoises, Grace Gao a ajouté que les téléphones portables de son oncle et de sa tante étaient déconnectés lorsqu'elle a tenté de les joindre vendredi.

Dans son livre, l'avocat raconte les abus subis pendant sa détention, sa foi en Dieu et son sentiment que le PCC pourrait s'effondrer en 2017.

Gao avait déplu aux autorités chinoises en défendant la cause des Chinois les plus vulnérables -- chrétiens, mineurs ou cyberdissidents.

Il s'était ensuite attiré les foudres des autorités en appelant ouvertement à cesser la répression du mouvement spirituel Falungong, dans le collimateur de Pékin, dont il a défendu certains adeptes.

L'annonce en 2011 de sa condamnation avait suscité de vives critiques de la part des Etats-Unis, de l'Union européenne et des Nations unies, qui avaient appelé à sa libération.

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