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17/06/2016 12:23 EDT | Actualisé 18/06/2017 01:12 EDT

Syrie: les Russes ont bombardé des combattants anti-EI, déplore le Pentagone

Le ministre américain de la Défense Ashton Carter a déploré vendredi que la Russie ait bombardé des combattants soutenus par les Etats-Unis pour lutter contre le groupe Etat islamique dans le sud de la Syrie, mais estimé qu'il pourrait s'agir d'une erreur.

"Voilà un exemple où (les Russes) ont en fait attaqué des forces combattant le groupe Etat islamique", au lieu de s'en prendre aux jihadistes, a déclaré M. Carter à la presse.

Le chef du Pentagone a souligné qu'une telle attaque était contraire à l'intention affichée par Moscou de combattre l'EI.

Mais il a laissé entendre que l'aviation russe avait peut-être commis une erreur d'identification.

Dans ce cas, "c'est assez révélateur de la qualité de l'information sur laquelle ils appuient leurs bombardements", a-t-il dit.

Selon des sources américaines, l'aviation russe a bombardé jeudi des combattants anti-EI soutenus par le Pentagone dans la région d'Al-Tanaf, un poste-frontière entre la Syrie et l'Irak.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme a de son côté confirmé des frappes contre des combattants de la NAS (Nouvelle armée syrienne), faisant état de 2 morts.

Selon la même source, ce groupe né en 2015 compte environ 125 combattants non islamistes entraînés par les Américains et les Britanniques dans un camp de la coalition internationale en Jordanie.

Ces combattants viennent principalement de Deir Ezzor (est), bastion de l'EI, mais aussi de Homs, selon la même source.

Dans son bulletin quotidien jeudi soir, le ministère russe de la Défense n'a pas fait allusion à ces bombardements. Il a affirmé que Moscou "n'avait pas mené de raids contre des formations de l'opposition armée" engagées dans une trêve datant de février et violée à plusieurs reprises.

Les Etats-Unis et la Russie ont mis en place une ligne communication pour échanger quotidiennement des informations sur leurs vols militaires et éviter tout incident entre eux dans le ciel de Syrie.

Mais cette ligne de communication "n'a pas été utilisée de manière professionnelle" dans ce cas-ci par les Russes, a déploré vendredi M. Carter.

"Nous essayons de clarifier les faits, et d'utiliser ce canal avec les Russes pour comprendre ce qui s'est passé", a-t-il ajouté.

lby/sha