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17/06/2016 03:56 EDT | Actualisé 18/06/2017 01:12 EDT

Syrie: la Russie critique l'appel de diplomates US "dissidents"à frapper militairement Assad

La Russie a critiqué vendredi l'appel d'une cinquantaine de diplomates américains "dissidents" à frapper militairement le régime syrien, en soulignant que cette initiative allait à l'encontre des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU sur la Syrie.

"Il y a des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU qu'il faut respecter", a déclaré un vice-ministre russe des Affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov, cité par l'agence de presse Interfax.

L'appel des diplomates américains "ne correspond pas aux résolutions, il faut mener des négociations et chercher à obtenir un règlement politique", a-t-il souligné.

Le ministère russe de la Défense a pour sa part exprimé sa "préoccupation" face à cet appel.

"S'il y a au moins une parcelle de vérité dans les informations" sur cette initiative des diplomates américains, "cela ne peut que susciter la préoccupation de toute personne raisonnable", a déclaré le porte-parole du ministère, Igor Konachenkov, dans un communiqué.

Le Wall Street Journal (WSJ) et le New York Times (NYT) ont affirmé jeudi qu'une cinquantaine de diplomates et employés de du département d'Etat avaient rédigé un télégramme demandant explicitement des frappes militaires américaines contre le régime du président Bachar al-Assad, allié de Moscou.

Selon le NYT, le télégramme plaide pour un "recours judicieux" à des frappes de missiles ou de drones américains, en critiquant ainsi la politique menée depuis cinq ans par le président Barack Obama pour tenter d'arrêter la guerre en Syrie.

Le département d'Etat a reconnu jeudi soir l'existence d'un "télégramme (diplomatique) dissident rédigé par un groupe d'employés du département d'Etat concernant la situation en Syrie", sans toutefois dévoiler son contenu.

La Russie, un allié du régime de Bachar al-Assad, et les Etats-Unis sont les parrains du processus diplomatique dit de Vienne, du Groupe international de soutien à la Syrie (GISS) qui cherche, pour l'heure sans avancées notables, à convertir la fragile cessation des hostilités en Syrie en une trêve durable entre Damas et les groupes d'opposition.

Cette guerre a fait depuis mars 2011 quelques 280.000 morts et poussé à la fuite des millions de personnes.

mp/kat/at