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17/06/2016 09:00 EDT | Actualisé 18/06/2017 01:12 EDT

Meurtre d'une députée britannique : ce que l'on sait

Jo Cox, une députée travailliste pro-UE de 41 ans, a été tuée jeudi par balles, un meurtre qui a aussitôt entraîné la suspension de la campagne pour le référendum sur la place du Royaume-Uni dans l'Union européenne.

Ce qui s'est passé

L'attaque s'est produite à proximité de la bibliothèque municipale de Birstall, une petite ville du nord de l'Angleterre, où la députée avait pour habitude de rencontrer régulièrement ses administrés.

La police indique avoir été alertée à 11H53 GMT.

Un témoin, Hichem Ben Abdallah, a expliqué à l'AFP avoir entendu au moins deux coups de feu. Selon les médias britanniques, elle aurait été touchée par trois balles et sept coups de couteau.

L'assistante de la députée, Fazila Aswat, était avec Jo Cox. Son père a indiqué à la chaîne ITV qu'elle avait l'impression que l'agresseur attendait sa victime.

Jo Cox a succombé à ses blessures à 12H48 GMT, selon la police.

Un homme de 52 ans, nommé Thomas Mair par les médias, a été rapidement interpellé à proximité du lieu où Jo Cox a été tuée.

L'agresseur aurait crié "Britain first" ("Le Royaume-Uni d'abord"), selon plusieurs médias britanniques.

Les autorités ont indiqué qu'un homme de 77 ans a également été blessé mais ses jours ne sont pas en danger.

Le tueur présumé

Selon le Southern Poverty Law Centre, un groupe américain de défense des droits civiques, le tueur présumé de la députée est un "partisan dévoué" d'un groupe néonazi basé aux Etats-Unis.

Thomas Mair aurait dépensé plus de 620 dollars (550 euros) dans des ouvrages de l'Alliance nationale, groupe qui a appelé à la création d'un pays peuplé exclusivement de Blancs et à l'éradication du peuple juif.

Selon le quotidien The Guardian, la police a retrouvé des symboles nazis à son domicile ainsi que de la littérature d'extrême droite.

Des habitants de Birstall ont décrit l'individu comme un homme "calme", "solitaire" et s'occupant de jardinage. Le Yorkshire Post a publié une photo le montrant vêtu d'un treillis et d'une casquette blanche.

"Il avait l'air si innocent. Il habitait seul depuis que sa grand-mère est décédée", a déclaré à l'AFP Bethany Thurston, une adolescente vivant à proximité.

Plusieurs voisins ont déclaré que le suspect souffrait de troubles mentaux.

"J'ai toujours du mal à y croire. Mon frère n'est pas violent et n'est pas du tout politisé", a affirmé au Daily Telegraph Scott Mair, le frère du principal suspect. "Il a des antécédents de maladie mentale, mais il s'est fait aider".

Jo Cox, militante pro-UE et des droits des femmes

Jo Cox avait été élue en 2015 dans la circonscription de Batley et Spen, dans le Yorkshire. Elle était mariée à Brendan Cox, un ancien conseiller de l'ex-Premier ministre Gordon Brown. Ils avaient deux enfants âgés de 3 et 5 ans.

Après des études à l'université de Cambridge, elle avait occupé différents postes dans des ONG, dont Oxfam, travaillant en Europe, aux Etats-Unis et dans des zones de conflits.

Ardente militante pour les droits des femmes, elle avait fait partie du réseau Labour Women's Network, encourageant l'entrée des femmes dans la vie publique.

Au parlement, elle faisait partie de la commission sur la gouvernance locale, mais aussi du groupe des amis de la Syrie.

Jo Cox partageait son temps entre son bateau sur la Tamise et sa maison dans sa circonscription. En dehors de ses activités politiques, elle appréciait l'escalade, la course à pied et le vélo.

La jeune députée était considérée comme une "étoile montante" du Parti travailliste.

Jo Cox avait fait l'objet de récents messages de menaces, a indiqué la police britannique vendredi, précisant que cette affaire, pour laquelle un homme a été arrêté en mars, était sans lien direct avec son meurtre.

Campagne référendaire suspendue

L'annonce de la mort de Jo Cox a profondément bouleversé la campagne référendaire, dominée ces derniers jours par la progression dans les sondages des partisans du Brexit.

Les campagnes pro et anti-Brexit ont été suspendues jusqu'à dimanche au moins.

Des réactions d'effroi ont afflué de la part de personnalités politiques comme d'anonymes.

Les habitants de Birstall continuaient à déposer vendredi des fleurs et des cartes au pied de la statue de Joseph Priestley, théologien et philosophe, au centre de la ville.

Le Premier ministre David Cameron s'est rendu à Birstall avec le chef de l'opposition travailliste Jeremy Corbyn et le président du Parlement John Bercow pour rendre hommage à la députée.

Les drapeaux de Buckingham Palace, du Parlement et du 10 Downing Street, la résidence officielle du Premier ministre, étaient en berne vendredi et la reine a envoyé un message de soutien à l'époux de la défunte.

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