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17/06/2016 06:00 EDT | Actualisé 18/06/2017 01:12 EDT

Les migrants mineurs isolés en France, trop peu protégés d'un danger permanent (étude Unicef)

Vivant dans la précarité, l'angoisse et la solitude, proies faciles pour les passeurs, insuffisamment protégés par les autorités: une étude de l'Unicef dresse un tableau alarmant de la situation des mineurs étrangers seuls en France, qui cherchent à rejoindre la Grande-Bretagne.

Cette enquête, menée de janvier à avril, estime à 500 le nombre de mineurs non accompagnés sur sept sites étudiés dans le nord et en Normandie (nord-ouest), dont les camps de migrants de Calais et Grande-Synthe.

Intitulée "Ni sains, ni saufs", et basée notamment sur les témoignages de mineurs, elle "met en évidence une série de violations de la Convention relative aux droits de l'enfant ratifiée par la France", écrivent les auteurs, qui dénoncent "une mise en danger permanente".

Les mineurs non accompagnés disent tous souffrir du froid, de la fatigue due au manque de sommeil et aux tentatives répétées de passer en Grande-Bretagne. En outre, "les mineurs, pourtant plus fragiles, s'installent dans les abris les moins bien isolés, ont du mal à accéder aux distributions de repas et n'ont aucune priorité aux douches".

"Outre les cauchemars à répétition, les problèmes d'angoisses, de nervosité et d'agressivité, de plus en plus d'hospitalisations psychiatriques ont lieu à la demande des jeunes", souligne l'enquête.

Abordant la question du viol, l'étude met en avant le risque particulier pour les jeunes garçons afghans, qui "servent d'objets sexuels à travers la pratique du +Batcha boz+" - des réunions "tenues comme légitimes par les Afghans" dans leur pays, où les garçons jouent le rôle des femmes.

Sont également évoquées les questions de la prostitution et de la traite des êtres humains. Des Éthiopiennes, Érythréennes ou des Kurdes sont contraintes de se prostituer pour environ cinq euros la passe "pour réunir les 5.000 à 7.000 euros exigés pour le passage" au Royaume-Uni.

A Calais, les passeurs utilisent aussi des mineurs pour détourner l'attention de la police et faire entrer leurs clients dans les camions, pour vendre de la drogue ou voler des objets revendus plus tard sur un marché informel de la "Jungle".

L'Unicef conclut son enquête par des recommandations, parmi lesquelles la création de sites de protection, sécurisés et adaptés, en l'absence desquels toute évacuation de camp doit être évitée, une formation à la protection de l'enfance des fonctionnaires et du personnel associatif, et une plus grande attention portée à la réunification familiale, aux délais actuels trop longs.

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