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17/06/2016 03:48 EDT | Actualisé 18/06/2017 01:12 EDT

Le Royaume-Uni pleure la mort de la parlementaire Jo Cox

LONDRES — La campagne référendaire britannique demeurait suspendue vendredi, alors qu'on apprenait que l'homme qui aurait assassiné la parlementaire Jo Cox en pleine rue jeudi serait lié à un groupe américain militant pour la suprématie blanche.

Le Southern Poverty Law Center affirme que le suspect, Thomas Mair, est un partisan de la National Alliance. Le centre indique que Mair s'est procuré auprès de l'alliance, en 1999, un manuel qui explique comment assembler une arme à feu.

Le centre a mis en ligne des reçus qui démontreraient que Thomas Mair, de West Yorkshire — la circonscription où habitaient Mme Cox et le tueur présumé — a acheté des manuels comme «Chemistry of Powder and Explosives» (La chimie de la poudre et des explosifs) et «Improvised Munitions Handbook» (Manuel des munitions improvisées).

La National Alliance a été fondée par William Pierce, dont le livre «The Turner Diaries» est souvent perçu comme un appel à une guerre raciale sanglante. Un attentat au camion piégé décrit dans le livre a inspiré Timothy McVeigh à attaquer un édifice fédéral d'Oklahoma City en 1999.

Thomas Mair, 52 ans, a été arrêté jeudi relativement au meurtre de Mme Cox, qui a été abattue et poignardée devant une librairie de sa circonscription du nord de l'Angleterre. Son frère, Scott Mair, a dit aux médias que son frère a une histoire de problèmes de santé mentale, mais qu'il n'était pas violent.

Des témoins ont raconté que la députée travailliste de 41 ans a été attaquée par un homme armé d'un pistolet ancien ou artisanal. Un témoin a dit que le suspect a crié «Britain first» (L'Angleterre d'abord) ou «Put Britain first» (L'Angleterre passe en premier) avant d'ouvrir le feu.

«Britain First» est aussi le nom d'une organisation d'extrême-droite qui assure n'avoir rien à voir avec ce meurtre.

Mme Cox est une ancienne travailleuse humanitaire qui défendait la cause des réfugiés syriens et militait en faveur du maintien du Royaume-Uni au sein de l'Union européenne.

Ceux qui souhaitent voir le Royaume-Uni sortir de l'UE estiment que c'est la seule façon de se débarrasser de l'ingérence des bureaucrates de Bruxelles et de freiner la vague d'immigration en provenance des autres pays membres de l'union.

Les deux camps ont toutefois immobilisé leurs campagnes dans la foulée de l'assassinat de Mme Cox. On ne sait pas quand elles reprendront.

Les politiciens de toutes les allégeances ont rendu hommage à Mme Cox et le palais de Buckingham dit que la reine Élisabeth II a écrit au mari de la victime, Brendan Cox. Le couple avait deux jeunes enfants.

La violence politique est rare au Royaume-Uni, tout comme le sont les crimes commis avec des armes à feu.

Aucun membre actif du Parlement britannique n'avait été tué depuis 1990, quand l'Armée républicaine irlandaise (IRA) avait placé une bombe sous la voiture du député conservateur Ian Gow. Un ancien député, Donald Kaberry, avait été blessé par l'IRA en 1990, avant de mourir l'année suivante.

Le Parlement britannique est protégé par des gardes armés, mais les parlementaires passent beaucoup de temps dans leurs circonscriptions, habituellement sans sécurité particulière.