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17/06/2016 11:42 EDT | Actualisé 18/06/2017 01:12 EDT

La Roumanie pourrait s'opposer au traité de libre-échange, à cause des visas

OTTAWA — Le premier ministre de Roumanie espère qu'Ottawa éliminera rapidement l'exigence de visas pour les voyageurs de ce pays, sans quoi il pourrait bien s'opposer au traité de libre-échange canado-européen.

Ottawa exige dorénavant un visa d'entrée aux voyageurs en provenance de Roumanie et de Bulgarie, même si l'Union européenne rappelle que les ressortissants de ses 28 pays membres devraient venir librement au Canada. Dans une entrevue accordée à La Presse Canadienne cette semaine à Ottawa, le premier ministre Dacian Ciolos a rappelé cet irritant diplomatique entre les deux pays.

M. Ciolos a soutenu qu'à l'issue d'entretiens avec le premier ministre Justin Trudeau, il a bon espoir que cette restriction sera levée au cours des prochains mois, sans quoi son pays «pourrait difficilement» ratifier l'Accord économique et commercial global.

Il semble peu probable que la Roumanie et la Bulgarie puissent bloquer la ratification finale de l'accord de libre-échange, mais cet irritant pourrait malgré tout retarder la mise en oeuvre complète de l'entente conclue l'automne dernier après sept ans de négociations. Cela étant dit, et au-delà de ce différend, la Roumanie est «techniquement prête» à entériner l'accord, a précisé le premier ministre Ciolos.

Même si la Roumanie et la Bulgarie s'opposaient à l'entente, le Parlement européen devrait en toute vraisemblance l'approuver, ce qui permettrait de mettre en oeuvre jusqu'à 90 pour cent de ses dispositions, dans le cadre de l'«exécution provisoire».

M. Ciolos aimerait bien par ailleurs pouvoir entériner lui-même cette entente qu'il a contribué personnellement à négocier alors qu'il était commissaire européen à l'Agriculture.

Marie-Anne Coninsx, ambassadrice de l'Union européenne au Canada, a déjà lié, elle aussi, cette affaire de visas à la ratification éventuelle de l'accord de libre-échange. Elle a qualifié le visa canadien «d'irritant inapproprié», et a trouvé «regrettable» que ce problème ne soit pas déjà résolu.

Les autorités canadiennes et européennes espèrent que l'Accord économique et commercial global entrera en vigueur quelque part au début de l'an prochain.