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17/06/2016 07:17 EDT | Actualisé 17/06/2016 07:19 EDT

La place de l'hydrogène dans le monde automobile (PHOTOS)

Courtoisie

La voiture à hydrogène ne fait pas l’unanimité dans le monde automobile. Électrique au départ, la voiture à hydrogène se distingue de ses sœurs 100 % électriques traditionnelles notamment au niveau de la méthode de stockage d’énergie. Car, dans les faits, au bout de l’échappement, dans les deux cas il y a absence totale de pollution.

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C’est d’ailleurs pour cette raison que le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles du Québec, Monsieur Pierre Arcand, a confirmé son intention de créer un comité multipartite afin d’analyser la possibilité de créer, au Québec, des stations de recharge multicarburant, incluant notamment des bornes de recharge à hydrogène.

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Cette déclaration du ministre a été effectuée devant un parterre d’invités lors d’une rencontre tenue quelques heures avant le début du sommet international sur l’électrification des Transports qui se tient à Montréal au cours des prochains jours. Outre le ministre Arcand, des représentants des entreprises Air Liquide et de l’Institut de recherche sur l’hydrogène de l’Université du Québec à Trois-Rivières ont également participé à un panel expliquant les enjeux entourant la production d’hydrogène et son usage dans le monde automobile.

Un cas pratique

Partisan des voitures à pile à combustible depuis longtemps, le constructeur japonais Toyota a profité de la rencontre pour inciter un groupe de journalistes à tester à Toyota Mirai, la première voiture de production du groupe propulsée par l’hydrogène. Pour le moment réservée aux marchés européens, japonais et de quelques États américains, la Mirai est la première application d’une technologie que Toyota souhaite étendre à l’ensemble de la planète.

« Toyota s’est engagé à réduire de 90 % ses émissions de CO2 d’ici 2050 et le choix des voitures à hydrogène fait partie de cette stratégie », a expliqué le vice-président de Toyota Canada, Stephen Beatty.

John Paul Farag, responsable du développement des véhicules à hydrogène chez Toyota Canada, y voit clairement une solution pour le futur qui aurait non seulement un impact environnemental immédiat, mais pourrait aussi contribuer à positionner le Québec comme un leader mondial dans le domaine. « Le Québec est déjà le numéro un canadien en matière de production d’hydrogène, mais ce n’est qu’un début. En maximisant l’usage de l’hydroélectricité et en profitant des heures hors pointe, le Québec pourrait produire de l’hydrogène vert, et l’utiliser comme un véritable levier économique », a expliqué Monsieur Farag.

L’exemple de la Toyota Mirai est probant. Comme dans toutes les voitures à piles à combustible, on stocke l’hydrogène dans un réservoir hermétique. Il est ensuite jumelé à l’oxygène en traversant un électrolyte, provoquant une réaction qui crée de l’électricité. Les résidus expulsés ne sont alors que des vapeurs d’eau et quelques gouttelettes que la Mirai emmagasinent dans un petit réservoir que l’on peut aisément purger sur simple pression d’un bouton.

Mécaniquement, cette voiture affiche l’équivalent de 145 chevaux, roule dans le silence le plus complet comme le font toutes les voitures électriques, et propose une étonnante accélération en raison du couple disponible dès le départ contrairement aux moteurs à combustion traditionnels.

La bonne nouvelle concerne surtout le remplissage puisque pour faire le plein de la Mirai et atteindre environ 500 kilomètres d’autonomie, il faut environ trois minutes, une période comparable à celle d’un plein d’essence. Bémol important cependant, il n’existe pour le moment qu’une seule borne de recharge en hydrogène au Québec, située à l’Université du Québec à Trois-Rivières.

« Les gens pensent que l’hydrogène s’enflamme facilement ou explose rapidement. Il n’y a pas plus de danger avec l’hydrogène qu’avec n’importe quel autre combustible », poursuit monsieur Farag.

« Nous savons qu’il y a encore un bout de chemin à faire, et c’est la raison pour laquelle nous avons opté avec la Mirai à hydrogène pour la même stratégie que nous l’avions fait lors du lancement des premiers véhicules hybrides électriques. Nous amenons la voiture, faisant la preuve qu’elle est viable et agréable à conduire, et nous travaillerons de concert avec tous les intervenants pour créer l’infrastructure nécessaire pour le ravitaillement. C’est un travail de longue haleine », conclut John Paul Farag.

Aucune date n’a évidemment été retenue pour la mise en marché de la Toyota Mirai au Canada.