DIVERTISSEMENT
17/06/2016 03:43 EDT | Actualisé 17/06/2016 03:46 EDT

Juliette Gosselin fait ses débuts en anglais dans «19-2»

Yan Turcotte

À partir du 27 juin prochain, le reste du Canada découvrira Juliette Gosselin dans l’adaptation anglophone de 19-2. La comédienne y défend le rôle d’une jeune bum qui n’apparaissait pas dans la version québécoise.

Élevée à Beaconsfield, une banlieue anglophone de Montréal, par des parents francophones capables de parler la langue de Shakespeare de manière impeccable, la comédienne a vite développé une aisance à parler les deux langues.

« Au primaire, j’allais à l’école en français, mais il n’y avait que des anglophones dans ma classe. Les discussions dans la cours d’école se passaient donc toutes en anglais. Lorsque je regarde des vidéos de moi quand j’avais six ans, j’entends l’accent d’une petite fille du West-Island. »

Ambitions internationales?

En apprenant qu’elle a suivi une formation pour maîtriser l’accent normatif américain et qu’elle a tourné deux films de science-fiction en anglais – le premier long métrage de Mathieu Ratté, un réalisateur québécois travaillant à Los Angeles, et Darwin, une production canadienne avec Molly Parker – on ne peut faire autrement que d’imaginer les balbutiements d’une carrière hors-Québec.

« Je mentirais si je disais que je n’y pensais pas. Mais c’est un risque à prendre. Au Québec, j’ai une carrière d’actrice, de réalisatrice et de scénariste bien établie. Ce serait un gros move de laisser ça en plan pour essayer de lancer une carrière aux États-Unis. En même temps, à 25 ans, c’est le temps d’essayer ce genre de choses. Quand la nouvelle saison de 19-2 sera diffusée et que les deux films seront sortis, je vais avoir un démo qui se tient et ça va valoir la peine de tenter ma chance. »

Un ange devenu bum

Tout l’été sur la chaîne Bravo, les téléspectateurs auront droit à une nouvelle facette du jeu de Gosselin. Dans la troisième saison de 19-2, elle interprète Martine, une ado de 16 ans qui accumule les foyers d’accueil et qui fait chanter les policiers.

« Elle arrive au début de la saison avec des informations importantes sur la disparition du cousin de Nick. Comme elle est brillante, elle essaie de se négocier des conditions pour aller vivre avec son oncle, même s’il est un peu tout croche. Son but ultime est de retrouver sa famille depuis toujours. »

Par contre, son personnage en verra de toute les couleurs. « Elle ne sera pas ménagée. Elle va se faire avoir. Mais Martine est une forte, c’est une battante. »

Et certainement pas le genre de personnage que les directeurs de casting québécois auraient offert d’emblée à la blondinette.

« Je trouve ça audacieux de la part de la production de m’avoir choisie. J’ai souvent fait des auditions pour des bums, mais on me dit généralement que j’ai l’air trop angélique. Les gens de 19-2, eux, n’ont pas opté pour le choix évident, en prenant une fille pleine de tatouages, avec des traits durs. Ils ont choisi une petite face d’ange dont la dureté vient de l’intérieur, et non d’un stéréotype extérieur. »

Évidemment, le fait qu’elle soit inconnue du Canada-anglais a joué en sa faveur. « Personne ne m’a vue dans Nouvelle-France, dans Familia ou dans certains autres rôles plus marquants où je jouais une petite fille de bonne famille ou une jeune femme qui vit de grands drames en douceur. »

Gosselin prend toutefois la peine de préciser qu’elle ne se plaint pas du tout de sa situation. « Ça m’a beaucoup servi ces dernières années d’avoir cette image-là. Je sais comment composer avec ça. Mais je suis toujours heureuse de sortir de mon casting avec un rôle comme celui dans 19-2 ou celui dans le prochain film d’André Forcier. »

Rôle principal au cinéma

Tourné au printemps 2015, le film Embrasse-moi comme tu m’aimes sortira en salles le 16 septembre prochain.

Il raconte ce que certains résumeraient comme une histoire d’inceste entre un frère et une sœur, dans les années 40. Mais pas Juliette. « Pour moi, il est surtout question d’un amour impossible. Ce qu’il y a de troublant dans le film, c’est qu’on les comprend. On n’est pas dans le jugement de leur amour interdit. Dès que j’ai lu le scénario et que j’ai vu le résultat fini, j’ai trouvé ça beau. C’est plein de nuances et de surprises. »

On ne s’attend pas à moins du réalisateur que l’actrice admire depuis des années. « J’ai fait un film inspiré de sa filmographie à la fin de mes études au cégep, il y a 8 ans. Personne ne fait du cinéma comme lui au Québec. Quand mon agente m’a envoyé une invitation pour les auditions de son film, j’étais intéressée sans savoir de quoi il s’agissait. Et dès que j’ai découvert le scénario, mon désir a grimpé au plafond! »

Ses attentes se sont révélées à la hauteur, lors du tournage qu’elle qualifie de singulier. « Je n’ai jamais travaillé sur un plateau comme celui-là. André est un intense. Il est obsédé par son film. Pendant le tournage, on entrait dans une bulle où le film prenait toute la place et où le monde extérieur n’existait plus. Et comme l’histoire nous demandait d’aller très loin à l’intérieur de nous, on n’avait pas le choix de travailler dans un contexte comme celui-là. C’était une expérience incroyable à tous les niveaux. »

Il faut dire qu’elle donnait la réplique à de grands noms comme Céline Bonnier, Roy Dupuis, Antoine Bertrand, Rémy Girard et Benoit Brière. Sans oublier son partenaire de jeu principal, Émile Schneider. « Tous les deux, on avait une complicité parfaite! On jouait de gros personnages et on se soutenait l’un l’autre. »

Cet été, Juliette réalisera son tout premier vidéoclip pour Vallaire (anciennement Mister Vallaire), avant de retrouver durant l’automne la gang de Switch & Bitch, la websérie qui a valu à Julianne Côté une nomination aux Gémeaux cette semaine. Le public pourra également la voir bientôt dans Tadoussac, un film qu’elle a tourné en mars dernier avec Isabelle Blais et Camille Mongeau.

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Galerie photoJuliette Gosselin tourne dans la version anglaise de 19-2 Voyez les images


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