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17/06/2016 06:55 EDT | Actualisé 18/06/2017 01:12 EDT

Jo Cox : Merkel met en garde contre "la radicalisation" du débat sur le Brexit

La chancelière allemande Angela Merkel a mis en garde vendredi contre la radicalisation du débat en Grande-Bretagne sur une sortie éventuelle de l'Union européenne, au lendemain du meurtre de la députée britannique proeuropéenne Jo Cox.

"C'est un acte horrible, je pense que la leçon doit être que nous devons tous faire preuve de respect même si nous avons des opinions politiques différentes", a dit la chancelière, fervent soutien au maintien de la Grande-Bretagne dans l'UE.

"L'exagération et la radicalisation partielle des discours ne participent pas à la création d'une atmosphère de respect", a-t-elle dit lors d'un point presse, en réponse à une question sur le meurtre de Jo Cox.

La députée travailliste, âgée de 41 ans et mère de deux enfants, a été tuée par balles en pleine rue dans sa circonscription du nord de l'Angleterre, provoquant la suspension immédiate de la campagne du référendum sur le Brexit du 23 juin.

Alors que le meurtrier aurait crié "Britain first" ("La Grande-Bretagne d'abord"), les médias s'interrogeaient sur son mobile et n'hésitaient pas pour certains à mettre en cause le ton jugé agressif de la campagne.

D'une manière générale, et semblant viser les mouvements populistes et d'extrême droite, Mme Merkel a estimé que "la radicalisation ne pourra être arrêtée" en Europe sans "respect pour ceux qui pensent différemment, ceux qui croit différemment, ceux qui aiment différemment".

Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, dont le pays assure la présidente tournante de l'Union européenne, a déclaré pour sa part vendredi à La Haye que "la tolérance et la liberté d'expression sont d'une importance cruciale pour permettre aux politiciens de faire leur travail".

"Nous avons la liberté d'exprimer nos opinions et, tant qu'on n'attise pas la violence contre les individus ou les groupes, on peut dire tout ce que l'on veut", a souligné Mark Rutte aux journalistes lors d'une conférence de presse hebdomadaire.

Un homme de 52 ans a été placé en garde à vue après l'attaque brutale au cours de laquelle Jo Cox a été blessée à deux ou trois reprises par arme à feu avant d'être poignardée à plusieurs reprises alors qu'elle était étendue sur le trottoir, d'après plusieurs témoins.

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