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17/06/2016 08:47 EDT | Actualisé 18/06/2017 01:12 EDT

Gamesa et Siemens s'allient pour créer un géant mondial de l'éolien

Le groupe espagnol Gamesa et l'Allemand Siemens ont annoncé vendredi la fusion de leurs activités de turbines éoliennes pour créer le leader mondial du secteur, face à une demande pour les énergies renouvelables qui explose.

Selon un communiqué commun, le conglomérat industriel allemand détiendra 59% de la nouvelle entité et les actionnaires actuels de Gamesa 41%, dont 8,1% pour la compagnie énergétique espagnole Iberdrola, aujourd'hui premier actionnaire de Gamesa.

De plus, les actionnaires de Gamesa recevront de Siemens 3,75 euros par action en numéraire, soit environ un milliard d'euros au total.

Le siège de la nouvelle entreprise, dont le nom n'a pas été décidé selon le patron de Siemens Joe Kaeser, sera en Espagne et Gamesa en aura le contrôle opérationnel. Seules les activités de production d'énergie éolienne en mer, point fort de Siemens, ne seront pas basées dans ce pays, mais en Allemagne et au Danemark. L'opération devrait être bouclée début 2017.

Cette fusion "créera un géant mondial parmi les fabricants de turbines en mer et sur la terre ferme", avec un chiffre d'affaires cumulé de 9,3 milliards d'euros, a assuré le patron de Gamesa, Ignacio Martin, au cours d'une conférence avec les analystes. En capacités installées, les deux groupes combinés passent ainsi devant le Danois Vestas ou l'Américain General Electric.

Siemens et Gamesa "ont des marchés, des produits et des technologies parfaitement complémentaires", mettent en avant les deux parties. L'Allemand est davantage présent en Amérique du Nord et en Europe du Nord et leader dans l'éolien maritime alors que l'Espagnol est plus fort dans l'éolien terrestre en Inde, en Chine et en Amérique latine, où la demande est en plein boom.

Après avoir connu des années difficiles liées à la crise économique en Espagne, de sévères réductions des subventions aux énergies renouvelables et une perte nette en 2012, Gamesa s'est restructuré jusqu'à dégager en 2015 un bénéfice net de 170 millions d'euros.

"Gamesa a besoin d'un soutien financier pour se développer dans l'offshore (en mer)" que lui apporte son nouveau partenaire, souligne Angel Perez, analyste chez Renta 4, qui juge cette fusion pertinente. De leur côté, les analystes de Citi relèvent certains risques pour Siemens, qui doit intégrer en parallèle différentes sociétés acquises récemment.

- Concentration du secteur -

Ce rapprochement était attendu depuis des mois, mais les négociations achoppaient sur l'avenir d'Adwen, la coentreprise créée en 2015 par Gamesa et le Français Areva dans l'éolien en mer.

L'Etat français et des élus locaux de Normandie craignaient qu'un rapprochement de Gamesa et de Siemens ne remette en cause les projets d'Adwen d'implanter de nouvelles usines dans cette région, les capacités industrielles du conglomérat allemand pouvant en effet s'avérer suffisantes.

Areva et Gamesa ont annoncé en parallèle que le Français avait trois mois pour décider de vendre à l'Espagnol sa part de 50% dans leur coentreprise, ou chercher un autre investisseur prêt à acheter la totalité d'Adwen.

Si "Gamesa et Siemens venaient à détenir 100% d'Adwen, (...) ils honoreraient tous les engagements et obligations d'Adwen", dans le cadre des projets éoliens en mer français, a assuré un porte-parole de Siemens.

Le secteur des énergies renouvelables est en pleine ébullition depuis quelques années et bénéficie d'un intérêt renouvelé depuis la conclusion de l'accord mondial sur le climat en décembre à Paris au cours de la COP21.

Les fabricants de turbines éoliennes connaissent un mouvement de concentration important.

Longtemps dominée par les Européens, dont le Danois Vestas, cette branche a vu ces dernières années la montée en puissance des constructeurs chinois, comme Goldwind, United Power et Ming Yang, qui profitent à plein du développement massif de l'éolien en Chine. Ce pays a accueilli près de la moitié des capacités installées dans le monde en 2015.

En 2015, le fabricant allemand de turbines Nordex et l'Espagnol Acciona ont mis en commun leurs activités dans l'éolien.

L'Américain General Electric, qui a déjà mis la main l'an dernier sur les activités énergie d'Alstom, au nez et à la barbe de Siemens, s'est aussi dit intéressé par un achat d'Adwen.

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