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17/06/2016 06:36 EDT | Actualisé 18/06/2017 01:12 EDT

Euro-2016 - Mieux vaut tard que jamais pour Hoolahan, le "Wessi" irlandais

"Après les matches, c'était burger, frites et pintes": le meneur irlandais Wesley Hoolahan, surnommé "Wessi" mais longtemps privé d'Eire, a montré qu'il avait digéré une jeunesse faite d'incompréhensions avec sa sélection en marquant à 34 ans lors de l'Euro-2016.

"Je ne l'ai découvert qu'il y a quelques années seulement", reconnaît l'entraîneur-adjoint Roy Keane, alors que le joueur a signé un match plein contre la Suède (1-1), ponctué d'une splendide demi-volée.

"Il n'a pas trop joué au haut niveau, s'est révélé sur le tard mais il a toujours eu du talent et c'est super qu'à 34 ans il arrive à peser dans un si grand tournoi. Il a bien mûri. Bon, quand il a marqué, on ne s'est pas non plus regardés sur le banc en se grattant la tête. On savait de quoi il était capable", poursuit Keane.

Surnommé "Wessi" ou le "Messi irlandais" à Norwich, le meneur, qui se mesurera à la Belgique samedi, a pourtant eu un parcours tortueux en sélection.

Son dernier but n'est ainsi que le 3e, même si il ne compte que 31 capes. Quatre ans et demi séparent également sa première sélection, en mai 2008, de la deuxième, en novembre 2012.

Le sélectionneur de l'époque, le rigoureux Giovanni Trapattoni n'était en effet pas fan de ce joueur de rue à l'hygiène de vie longtemps improbable, bourlingueur dans les différents championnats britanniques mais pas vraiment une star en Premier League.

Au pays, de nombreux doutes subsistaient également sur la capacité du Dublinois à franchir un cap.

- Il prenait l'avion pour manger chez sa mère -

Pourtant, dès 2002, la question avait été posée au sélectionneur d'alors Mick McCarthy de savoir pourquoi le jeune ailier jouait encore dans le championnat irlandais et pas à Manchester United.

"Plus jeune, vous ne réalisez pas toujours ce que c'est qu'un régime", répond l'intéressé en repensant à l'époque où il prenait l'avion pour retourner manger chez sa mère. "Mais je me sens toujours jeune et en forme. C'est Paul Lambert à Norwich qui m'a fait passer de l'aile gauche à N.10. Ce qui m'a aidé à toucher plus la balle car avant j'étais isolé sur le côté".

Après Shelbourne, son club formateur quitté en 2005 à 23 ans, Hoolahan s'est perdu en Ecosse à Livingston, puis deux ans à Blackpool en Angleterre avant d'échouer en 2008 à Norwich. En 2009, son entraîneur écossais l'a recentré, pour le plus grand bonheur des Canaries.

Depuis, le poids plume (1,68 mètre pour 71 kg) fait l'ascenseur entre la 3e division et l'élite, qu'il a découverte à 29 ans.

En 16 ans de carrière, Wesley n'en a ainsi passé que quatre en Premier League. Lors de la dernière, il a inscrit quatre buts et délivré quatre passes décisives sans que cela n'empêche son club d'être relégué.

"C'est dommage pour le foot irlandais qu'il ait perdu autant de temps, qu'on ne lui ait pas donné sa chance, regrette son compatriote Robbie Brady. C'est toujours un joueur de classe. Il se prépare bien, il est dans une forme incroyable. Il semble s'améliorer avec l'âge".

"C'est un de ces gars, vous pensez qu'on va lui prendre le ballon mais il arrive toujours à passer en sortant quelque chose de génial. C'est un plaisir de jouer avec lui et de le voir évoluer", poursuit son coéquipier.

Reste à voir si les Belges apprécieront aussi.

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