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17/06/2016 05:42 EDT | Actualisé 18/06/2017 01:12 EDT

Euro-2016 - Marseille: 20 Russes, dont Chpryguine, expulsés samedi vers Moscou

Le groupe de 20 supporters et hooligans russes présumés, dont l'ultranationaliste Alexandre Chpryguine, retenus à Marseille après les violentes "chasses aux Anglais" du week-end, seront expulsés samedi vers la Russie, a-t-on appris vendredi auprès des autorités.

Ces Russes, qui font l'objet d'arrêtés de reconduite à la frontière pour "trouble à l'ordre public", seront placés samedi sur un vol Nice-Moscou, a précisé une porte-parole des autorités locales.

Au total, 43 Russes avaient été interpellés mardi dans leur car à Mandelieu-la-Napoule (sud de la France), puis placés en garde à vue.

Trois ont été jugés et condamnés à 12, 18 et 24 mois de prison ferme après avoir été reconnus sur des images de vidéosurveillance, lors de violentes "chasses aux Anglais" en marge de Russie-Angleterre sur le Vieux-Port.

Trente-cinq blessés, quasi-exclusivement britanniques, ont été déplorés, dont deux se trouvaient toujours dans un état grave jeudi.

Le parquet est convaincu que parmi les 20 autres qui seront expulsés samedi se trouvent des hooligans violents et extrêmement préparés, mais le visionnage de plus de 200 heures de vidéos n'a pas permis de les confondre.

Ils n'ont donc pas été renvoyés devant un tribunal, et sont expulsés sur décision des autorités.

Les vingt derniers Russes arrêtés avaient été relâchés sans suite.

Le coup de filet de mardi avait provoqué une tension diplomatique avec Moscou, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov la qualifiant "d'absolument inadmissible".

Le procureur de Marseille Brice Robin a pourtant affirmé jeudi que c'était des renseignements policiers russes qui avaient permis ces arrestations.

Vendredi, le ministère russe des Affaires étrangères a reconnu dans un communiqué que "les droits des Russes (avaient) été respectés et leur défense assurée". Il précise également que deux Russes interpellés à Lille doivent être expulsés d'ici 24 heures et que deux autres Russes se trouvent dans des hôpitaux français après avoir été blessés.

Depuis le centre de rétention où il se trouve, Alexandre Chpryguine, président des supporters russes, proche d'un député ultranationaliste, s'est dit vendredi sur Twitter "choqué par la justice française".

"Nous ne lâcherons pas nos gars", a-t-il promis. "Quand nous rentrerons chez nous, nous prendrons une décision (sur les trois condamnés, NDLR) : soit nous faisons appel soit nous demandons l'extradition vers la patrie".

Interrogé sur la possibilité que les Russes condamnés demandent à purger leur peine en Russie, le procureur de la République de Marseille Brice Robin avait indiqué jeudi soir que "rien (n'était) impossible", tout dépendant des conventions internationales que la France a pu signer.

"Mais nous n'en sommes pas encore là", avait-il ajouté: la question ne peut se poser qu'une fois le délai d'appel expiré, et les condamnations considérées comme définitives.

Depuis le début de l'Euro-2016, outre les trois Russes, le tribunal correctionnel de Marseille a condamné neuf personnes (deux Français, six Anglais, un Autrichien) à des peines de prison ferme, allant de un mois à un an de détention.

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