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17/06/2016 08:46 EDT | Actualisé 18/06/2017 01:12 EDT

Euro-2016: les coteurs de paris en direct jonglent avec le jeu et les chiffres

Un casque avec la radio sur les oreilles, les yeux sur cinq écrans et les doigts sur le pavé numérique de son clavier, Maxime Daniel jongle entre les chiffres et le match Italie-Suède pour ajuster les cotes des paris en direct du site de la FDJ.

Le calme règne sur le plateau des coteurs football de la Française des jeux (FDJ), un des douze opérateurs de paris sportifs agréés en France. Des écrans télé sont allumés sur différentes chaînes qui retransmettent le même match, une des affiches de la deuxième journée de l'Euro-2016 entre la Nazionale, référence continentale, et la Suède de Zlatan Ibrahimovic.

"Il y a parfois un décalage entre les différentes retransmissions, alors on en suit plusieurs pour être réactif au maximum. Et la radio me permet de savoir la physionomie du match sans avoir l'oeil figé dessus", explique le jeune homme de 29 ans, un des dix coteurs spécialisés sur le foot.

Ses yeux naviguent aussi sur deux autres écrans branchés sur des sites concurrents, français et étrangers, et sur celui où il ajuste ses cotes toutes les minutes, "parfois toutes les 30 secondes". Sur les 90 minutes d'un match, il actualise les cotes "au moins mille fois", estime-t-il.

Pour Italie-Suède, 31 paris sont ouverts au coup d'envoi: nombre de buts par quart d'heure, quelle équipe ouvrira le score, combien de buts seront marqués sur une mi-temps ou sur le match, un but de Zlatan Ibrahimovic... D'autres sont prêts à être ouverts, en cas de penalty notamment.

Durant l'Euro, le "live betting" (pari en direct) représente 30% des paris sportifs en ligne de la FDJ.

- "Le pire scénario" -

Contrairement à l'Angleterre ou à l'Asie, "en France on ne peut pas parier sur les cartons, le nombre de touches, les blessures. On parie essentiellement sur des événements positifs", détaille Mathieu Morice, responsable du pôle football.

"Les cotes sont des probabilités, elles sont fixées selon trois critères: le sportif --les forces en présence et le rapport de force du moment--, le marché --avec un positionnement agressif ou non par rapport à la concurrence-- et le comportement des parieurs --la L1 n'est pas cotée de la même manière en Angleterre et en France, le public n'est pas le même", explique-t-il.

Debout derrière son bureau, Maxime Daniel ne lâche pas ses écrans du regard, pianote sur son pavé numérique, ferme les paris à durée limitée, en ouvre d'autres...

"Ça ressemble à une salle de marché", glisse un cadre de la FDJ. "On ne spécule pas, on ne prend pas de positions mais on a du vocabulaire commun: liabilities, cotation, benchmarking...", souligne Mathieu Morice.

Certains coteurs ont une formation en finance. Maxime Daniel est, lui, titulaire d'un DUT de statistiques. Il est aussi passionné de foot "depuis tout petit". Il garde toujours un oeil sur le match, "mais on n'en profite pas trop".

A la mi-temps, pour attirer le parieur, il gonfle les cotes sur l'équipe qui marquera en premier. Cette promotion sera relayée en quelques minutes sur les réseaux sociaux.

Le match reprend, le score n'évolue pas, contrairement aux cotes et aux mises. 22,50 euros, 50 euros, 77 euros, et même 2.377 euros... Les mises défilent sur l'écran à la gauche du coteur.

88e minute: l'Italien Eder marque. En tribunes, les Transalpins exultent. Devant ses écrans, Maxime Daniel soupire.

Pour la FDJ, "c'est le pire scénario". "Quand le favori est tenu en échec, sa cote monte, monte, les gens continuent à parier dessus et à la fin, ça fait des plus gros gains", explique-t-il. Au moment où l'Italie a marqué, sa cote, de 2 au coup d'envoi (20 euros remportés pour 10 misés), était à 6.

Mais le coteur préfère relativiser: "Les parieurs les réinvestiront plus tard".

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