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17/06/2016 02:19 EDT | Actualisé 18/06/2017 01:12 EDT

Euro-2016 - Islande-Hongrie, le derby des inconnus

Surprise! Islande et Hongrie se disputent la première place du groupe F de l'Euro-2016, samedi à Marseille (16h00 GMT), portées par leurs joueurs méconnus.

"Un gardien qui arrête tout, un assassin en défense, un génie au milieu, un imbécile qui la met au fond et sept ânes qui courent", voilà la définition de "l'équipe idéale" selon le légendaire Nereo Rocco, vainqueurs de deux Coupes des champions avec l'AC Milan dans les années 60.

L'Islande et la Hongrie ne sont pas encore parfaites, mais elles remplissent quelques-uns des critères du grand entraîneur italien.

Elles possèdent déjà toutes les deux un gardien porte-bonheur. Longtemps amateur (il était monteur vidéo dans le civil), l'Islandais Hannes Halldorsson, qui joue au Bodo Glimt en Norvège, a écoeuré Cristiano Ronaldo contre le Portugal (1-1) et grandement participé à l'exploit initial, pour le premier match de l'Islande dans une compétition internationale.

Chez les Magyars, Gabor Kiraly est même une légende. A 40 ans et 69 jours contre l'Islande, le gardien en pyjama a un peu de brioche et de calvitie, mais des réflexes intacts. Lui aussi a été le héros de son équipe lors du derby austro-hongrois (2-0), comme il l'avait été en barrages contre la Norvège (1-0/2-1).

Rappelé pour sauver une campagne de qualification mal engagée, le voilà en route pour les huitièmes de finale du tournoi, le premier de la Hongrie depuis le Mondial-1986. Une victoire samedi au Vélodrome qualifierait son équipe.

Faute d'assassin en défense, les deux formations s'appuient sur une association de malfaiteurs pour détrousser les ballons. Celle du pays des geysers a dégoûté CR7. "Ils ont mis le bus devant les cages!", s'est plaint la star du Real Madrid, muselée au premier match.

- Gylfi contre Kleinheisler -

Les outsiders n'ont pas à proprement parler un génie au milieu, mais deux organisateurs assez malins.

Gylfi Sigurdsson est la star de l'Islande, "un joueur de classe mondiale", selon le sélectionneur Lars Lagerbäck. Révélé par le Gallois Brendan Rogers, qui l'appelait "Ice Man" quand il entraînait Swansea, Sigurdsson joue surtout en "box to box" (il quadrille tout le terrain), et tous les ballons passent par lui quand l'Islande construit.

La Hongrie a filé les clefs à un gamin de 22 ans, Laszlo Kleinheisler, qui ne jouait qu'en équipe réserve de Videoton il y a sept mois, pour un litige contractuel. Passé au Werder Brême en janvier, il ne joue guère plus, mais Bernd Storck a gagné son coup de poker avec lui: Kleinheisler a marqué dès sa première sélection le but crucial du barrage aller en Norvège (1-0).

Storck connaissait son joueur depuis les moins de 20 ans. Ce produit de l'académie Puskas, surnommé Scholes pour ses cheveux roux est "un bon animateur qui joue derrière l'attaquant axial", explique à l'AFP Alain Giresse, qui a vu le premier match de la Hongrie.

Enfin en pointe, le Hongrois Adam Szalai est plus proche de la définition de Nereo Rocco. Lent et lourd, le buteur de Hanovre n'est pas un "Pippo" Inzaghi, mais il a marqué le premier but contre l'Autriche, après un beau une-deux avec Kleinheisler. Il empilait les buts avec la Castilla, la réserve du Real, en 2007, mais il n'a pas réussi à monter à l'étage au-dessus.

L'Islandais Kolbeinn Sigthorsson, régional de l'étape puisqu'il joue à Nantes, ne "la met" pas beaucoup "au fond", avec 3 buts en qualifications, mais il sert de point de fixation et bouge beaucoup les défenses.

Bilan: ni l'Islande ni la Hongrie ne sont des équipes idéales, mais elles peuvent se faire une place en 8e de finale.

eba/gf