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17/06/2016 07:45 EDT | Actualisé 18/06/2017 01:12 EDT

Euro-2016 - Autriche: Arnautovic, le "Zlatan du pauvre"

Au concours des sosies, difficile de ne pas lui accorder la victoire: avec un nom à consonance balkanique, un gabarit massif (1,92 m), une gestuelle "kung-fu", un catogan et des tatouages, l'Autrichien Marko Arnautovic pousse le mimétisme jusqu'au bout avec Zlatan Ibrahimovic.

Ses détracteurs l'ont surnommé le "Zlatan du pauvre", car Arnautovic est plus connu pour ses frasques et sa ressemblance avec la star suédoise que pour son talent balle au pied. Et Marko voudrait bien faire "la Une des journaux pour un aspect positif" lors de l'Euro-2016.

"Ibrahimovic a toujours été important pour moi, j'essaie de copier certaines choses chez lui depuis le début de ma carrière. Mais nous ne pouvons pas être comparés: il a réussi de bien plus grandes choses que moi", a-t-il admis dans le journal The Sun au début de la saison.

Car depuis le début de sa carrière aux Pays-Bas (comme "Ibra"), ce fils d'immigré serbe né à Vienne, s'est davantage distingué dans la rubrique faits divers, tandis que le Suédois n'a cessé d'aligner les titres et distinctions individuelles dans son palmarès.

As de la communication, Ibrahimovic a su monétiser son image de "gentille bête", selon l'expression de Serge Aurier, au contraire d'"Arnie" qui s'est laissé enfermer dans celle de "bad boy", à coups de frasques et déclarations tapageuses. De quoi faire passer Mario Balotelli "pour le mec le plus ennuyeux du monde", selon les propres mots de l'Italien.

Dernière en date? Un crachat sur le visage de Kenny Tete, lors d'un match de préparation de l'Autriche face aux Pays-Bas (défaite 2-0) début mai.

Au Werder Brême (2010/2013), il est suspendu avec son coéquipier Eljero Elia jusqu'à la fin de sa dernière saison, pour un excès de vitesse. Excédé par ses écarts de conduite, le Werder le brade dès le mercato suivant à Stoke City pour s'en débarrasser.

"C'est une personne fantastique, mais avec le comportement d'un enfant", avait résumé José Mourinho, son ancien entraîneur à l'Inter Milan (2009/2010), qui l'a envoyé en tribunes la majeure partie de son unique saison en Italie.

- "Pas facile pour ma famille" -

Miracle, la pépite de Twente (2006-2010) laisse enfin exprimer son talent en Angleterre, où il semble s'être assagi. Fer de lance de la très bonne année des Potters (9e de Premier League) avec Xherdan Shaqiri et Bojan, l'enfant terrible du foot autrichien réalise la meilleur saison de sa carrière (11 buts).

Il s'offre même une vengeance sur Mourinho en inscrivant un ciseau victorieux face à Chelsea (1-0), énième revers d'une longue liste qui précipitera la chute du Portugais.

"J'ai fait les années précédentes la Une des journaux pour des choses négatives. Ce n'était pas facile pour moi et pour ma famille. Dans le passé, individuellement, je n'ai peut-être regardé que moi-même, mais ça fait bien longtemps que ce n'est plus le cas", a-t-il promis juste avant la défaite de l'Autriche face à la Hongrie (2-0).

"C'est préférable de rester avec sa famille et profiter du temps à la maison. C'est plus simple, évidemment, de faire la Une des journaux pour un aspect positif, et j'espère que ça va continuer", a-t-il espéré.

Avec David Alaba, il porte les espoirs d'un bon parcours de sa sélection à l'Euro après la solide campagne d'éliminatoires, marquée notamment une victoire 4-1 sur la Suède d'Ibrahimovic. Suffisant pour enfin enterrer son complexe d'infériorité?

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