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17/06/2016 05:45 EDT | Actualisé 18/06/2017 01:12 EDT

Euro-2016 - Angleterre: poker menteur et cartes rebattues

En offrant à l'Angleterre la victoire contre le Pays de Galles (2-1), les remplaçants Jamie Vardy et Daniel Sturridge ont probablement rebattu les cartes pour la suite de l'Euro-2016. Mais le pari gagnant de leur entrée ne renforce pas nécessairement Roy Hodgson.

C'est bien là tout le paradoxe du sélectionneur, déjà critiqué pour ses choix lors du match d'ouverture contre la Russie (1-1).

Mené à la pause, il a en effet remplacé Sterling et Kane, une nouvelle fois décevants, par deux buteurs axiaux. Un choix dicté par le cours du match beaucoup plus qu'un coup de génie.

Le prudent Hodgson a eu beau assurer ensuite que tout était "contrôlé" et "prévu", qu'il avait agi "comme la France" qui a fait entrer Antoine Griezmann et Paul Pogba contre l'Albanie (2-0), l'analyse est peu convaincante.

"Les circonstances peuvent obliger les entraîneurs à déchirer leurs plans, tout jeter en l'air et voir de quel côté la pièce retombe, écrit ainsi The Times vendredi. Hodgson ne serait pas le premier sélectionneur anglais à commencer un tournoi avec une équipe et le finir avec une autre. D'ailleurs, cela avait marché pour Alf Ramsey en 1966".

Cette année-là, les Trois Lions avaient remporté au Mondial leur unique titre.

La comparaison avec les Bleus? Elle ne tient pas la route non plus. Deschamps, qui avait innové au coup d'envoi, a en effet fait le chemin inverse de Hodgson en revenant à la pause vers des berges connues.

- Rooney plus bas, une réussite -

L'Angleterre s'était elle obstinée malgré les limites du premier match à commencer avec les mêmes joueurs avant de tenter quelque chose de nouveau. Un peu en désespoir de cause toutefois car elle a fini avec trois buteurs, quatre même si l'on considère encore comme tel Wayne Rooney.

Lors de ses trois tournois à la tête de la sélection, son technicien conservateur n'avait ainsi jamais remplacé le moindre joueur après 45 minutes. Là, il en fait entrer deux d'un coup, de surcroît au même poste, perturbant ainsi son schéma tactique.

Bizarrement laissés sur le banc face aux Russes, les deux ont marqué et la hiérarchie en attaque s'en trouve modifiée à leur avantage.

Avec des joueurs complètement différents, l'équipe pourrait ainsi revenir au dispositif avec lequel elle avait entamé les éliminatoires.

L'Angleterre a en effet commencé la campagne de qualifications en 4-4-2, avec un duo Rooney-Welbeck devant.

Après avoir pris la place de Wilshere, le buteur de Manchester United évolue désormais au milieu. Ce qui constitue au passage la vraie réussite de Hodgson car il apporte son calme et sa vision.

- Que faire contre la Slovaquie ? -

Le forfait de Welbeck devait lui être compensé par la prise de pouvoir d'Harry Kane.

Sterling, qui manque de rythme après sa saison frustrante, et Kane, qui n'a peut-être pas encore l'étoffe, pourraient donc être les victimes du 2e match.

L'agressivité de Jamie Vardy semble être un atout dont l'Angleterre ne peut se passer actuellement. L'expérience de Daniel Sturridge, 6 buts en 19 sélections, en est un autre.

Même si avec eux l'Angleterre a marqué plus d'un but en tournoi pour la 2e fois en 15 matches seulement, cela ne répond malheureusement pas à toutes les questions.

Les Trois Lions ont pris l'habitude depuis quelques mois de jouer avec un seul buteur et des joueurs excentrés, un rôle que ni Vardy ni Sturridge ne peuvent occuper durablement.

Si Hodgson maintient son 4-3-3, l'un d'eux devrait donc revenir à la case départ mais cela semble délicat de réinstaller Sterling maintenant.

A deux pointes, cela condamne Adam Lallana et déplace au milieu la réflexion.

Hodgson a jusqu'à lundi pour se creuser la tête et sortir un nouveau lapin de son chapeau contre la Slovaquie.

cd/pgr/adc