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17/06/2016 09:51 EDT | Actualisé 18/06/2017 01:12 EDT

De nombreux emplois en jeu au Canada sans un nouvel accord sur le bois d'oeuvre

MONTRÉAL — Le renouvellement de moins en moins probable de l'entente sur le bois d'oeuvre entre le Canada et les États-Unis mettra de nombreux emplois en péril un peu partout au pays, notamment au Québec, estime un analyste du secteur forestier.

Faute d'un nouvel accord, l'analyste Paul Quinn, de RBC Marchés des capitaux, croit que l'imposition de tarifs douaniers sur les exportations canadiennes forcera plusieurs scieries à fermer leurs portes.

Dans un rapport publié vendredi, M. Quinn dit ne pas s'attendre à un dénouement positif alors qu'approche la fin de la période de discussions intensives de 100 jours, une initiative découlant de la rencontre en mars dernier entre le premier ministre, Justin Trudeau, et le président américain, Barack Obama.

Il n'y a eu que très peu de progrès jusqu'ici et le Canada a rejeté la proposition américaine d'imposer des quotas sur les exportations canadiennes de bois d'oeuvre. 

MM. Trudeau et Obama auront néanmoins l'occasion d'échanger de nouveau sur le sujet le 29 juin, dans le cadre du sommet des «Trois Amigos» auquel participera le président mexicain, Pena Nieto.

Même si l'accord sur le bois d'oeuvre est échu, les autorités américaines ne peuvent imposer de tarifs douaniers sur les produits canadiens du bois avant le mois d'octobre, en vertu d'une période de grâce.

Passé cette date limite, la situation pourrait changer rapidement.

M. Quinn s'attend à ce que les États-Unis imposent une taxe d'au moins 25 pour cent sur le bois d'oeuvre canadien à compter de la moitié de 2017, ce qui risque de forcer les producteurs d'ici à réduire leur production.

Au cours des dernières années, la reprise des mises en chantier aux États-Unis avait permis à de nombreuses sociétés forestières de redémarrer certaines installations.

Dans son rapport, M. Quinn écrit que la fermeture de scieries au Canada risque de faire grimper le prix du bois d'oeuvre en raison d'une baisse de l'offre, ce qui ne sera cependant pas suffisant pour absorber l'effet des taxes imposées à la frontière.

Ainsi, l'analyste a abaissé ses cours cibles pour plusieurs entreprises forestières, dont pour les québécoises Produits forestiers Résolu (TSX:RFP) et Tembec (TSX:TMB).