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17/06/2016 01:44 EDT | Actualisé 18/06/2017 01:12 EDT

Bangladesh: ONG et experts dénoncent les arrestations massives

Human Rights Watch a dénoncé vendredi les arrestations massives menées par la police du Bangladesh dans ses opérations anti-islamistes pour endiguer une série d'assassinats, un spécialiste des droits de l'Homme accusant même les autorités d'avoir "transformé le pays en prison".

Plus de 11.000 personnes ont été arrêtées au cours de la semaine écoulée, dont 194 islamistes présumés, dans une tentative pour porter un coup d'arrêt à la vague de meurtres qui ont ciblé des personnalités laïques, des militants des droits des homosexuels et des représentants des minorités religieuses.

Human Rights Watch estime que les autorités doivent lutter contre la vague d'assassinats mais que de nombreuses arrestations ont été menées sans preuves.

"Après une réaction lente et complaisante à ces attaques terrifiantes, les forces de sécurité s'en remettent à leurs vieilles tactiques et arrêtent les +suspects habituels+ plutôt que de travailler dur et de mener de véritables enquêtes", a dit dans un communiqué Brad Adams, directeur pour l'Asie de HRW.

Les autorités doivent "cesser immédiatement d'arrêter arbitrairement les gens sans avoir de preuves".

Les spécialistes des droits de l'Homme estiment que nombre de ces arrestations sont arbitraires ou servent à faire taire les opposants au gouvernement.

"Le gouvernement harcèle la population en général, et dans certains cas, les membres des partis d'opposition, au nom de la répression contre les islamistes", a dit à l'AFP un universitaire spécialiste des droits de l'Homme, sous couvert de l'anonymat.

"Le pays tout entier semble s'être transformé en prison".

Près de 50 personnes ont été tuées depuis trois ans par des islamistes extrémistes et Dacca fait l'objet de pressions croissantes de la part de la communauté internationale pour réagir.

La Première ministre Sheikh Hasina a promis la semaine d'arrêter "chaque assassin".

La presse locale estime que 13.000 personnes ont été arrêtées. La police a cessé de publier le nombre des arrestations au bout du quatrième jour de cette campagne.

Ces arrestations de masse "mettent en lumière l'inefficacité des forces de sécurité quand il s'agit de faire face à ce genre de crimes", a déclaré à l 'AFP Shahab Enam Khan, spécialiste de l'antiterrorisme.

Mme Hasina accuse le principal parti d'opposition, le Parti nationaliste du Bangladesh et son allié islamiste, le Jamaat-e-Islami, d'avoir orchestré la série d'assassinats pour déstabiliser le pays.

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