POLITIQUE
15/06/2016 10:18 EDT | Actualisé 16/06/2016 06:41 EDT

Philippe Couillard ne prévoit pas réintégrer Sam Hamad au cabinet prochainement (VIDÉO)

Philippe Couillard a répondu aux questions des Québécois ce soir durant l'émission spéciale En direct avec le premier ministre, une entrevue d'une heure qui coïncidait avec la fin des travaux parlementaires à l'Assemblée nationale.

L'entretien, enregistré dans les studios de Radio-Canada, était diffusé simultanément sur ICI RDI et sur les plateformes numériques de Radio-Canada. C'était la première fois qu'un chef de gouvernement québécois se prête à un tel exercice.

D'entrée de jeu, Philippe Couillard s'est dit satisfait de ses deux premières années de mandat, qui se sont terminées le printemps dernier.

« Je crois qu'on accomplit bien notre mandat. Bien sûr, il y a toujours des choses qu'on peut faire mieux, mais il y a eu beaucoup de bonnes nouvelles pour le Québec récemment et ce qu'on avait promis de faire aux Québécois, on est en train de le faire à plusieurs égards. »

Si ces deux années ont été marquées par d'importantes compressions budgétaires, le premier ministre refuse toujours aujourd'hui d'utiliser le terme « austérité ».

« Si je ne l'aime pas, c'est qu'il n'est pas exact. Lorsqu'on parle d'austérité, on fait appel aux exemples qu'on a vus en Europe, où il y a eu des coupes massives dans les budgets des ministères. Je répète : on n'a pas diminué les budgets d'aucun ministère. On les a fait croître beaucoup moins rapidement, c'est vrai, pour établir l'équilibre, mais on est à des années-lumière de ce qui a été le cas en Grèce, en Angleterre et en Espagne. »

En ce qui concerne sa promesse d'électorale de créer 250 000 emplois en 4 ans – une promesse qui paraît de plus en plus irréalisable -, M. Couillard a refusé de dire qu'il s'agissait d'une promesse irréaliste.

« C'est ambitieux, mais les chiffres qu'on voit sont également encourageants et je crois qu'on a beaucoup d'atouts au Québec qu'on va pouvoir faire valoir au cours des prochaines années et qui vont nous rapprocher de cette cible. »

Depuis l'arrivée au pouvoir des libéraux, en avril 2014, il s'est créé 57 600 emplois au Québec. Selon les prévisions de l'économiste Pierre Fortin, ce chiffre devrait atteindre 138 200 d'ici les prochaines élections si l'économie continue de croître au même rythme qu'actuellement.

Questions d'éthique

Philippe Couillard a par ailleurs fermé la porte à un retour rapide de l'ex-ministre Sam Hamad au Conseil des ministres. « Je n'ai pas de remaniement prévu », a-t-il dit.

Sam Hamad avait été écarté du cabinet après que Radio-Canada eut découvert que Marc-Yvan Côté avait bénéficié d'un accès privilégié auprès de lui alors qu'il était ministre au sein du gouvernement de Jean Charest.

« Je crois que sur le plan de l'éthique [...] les choses ont été bien faites. Est-ce qu'on peut s'améliorer? Je pense qu'on peut toujours s'améliorer. Mais on est sur la bonne voie », a-t-il estimé.

M. Couillard a également été questionné sur l'avenir de Robert Poëti, qui a perdu son poste de ministre des Transports lors du dernier remaniement ministériel. Redevenu simple député, celui-ci a par la suite confié à un journaliste que ses recommandations en matière de gestion n'avaient pas été suivies par son successeur, Jacques Daoust, ce qui a déclenché une crise au MTQ. Un citoyen a proposé que M. Poëti revienne à la tête du ministère des Transports.

« Si la raison du fait que M. Poëti a quitté le Conseil des ministres avait un rapport avec ça, bien sûr, je comprends la question, et la réponse s'imposerait. Mais il n'y a aucun rapport, a certifié le premier ministre. Les décisions de formation de conseils des ministres se font sur des raisonnements ou des considérations qui sont beaucoup plus larges, malheureusement, et qui parfois ont des conséquences sur les individus – et je le regrette, parce que j'aime beaucoup Robert Poëti [...] mais il n'y a aucun rapport. »

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