POLITIQUE
15/06/2016 06:56 EDT

Transport pétrolier: les trains plus sécuritaires que les pipelines, selon Elizabeth May

OTTAWA – La chef du Parti vert du Canada, Elizabeth May, réfute l’argumentaire de TransCanada selon lequel les pipelines seraient plus sécuritaires que le train pour transporter du pétrole.

« Le plus grand mensonge dans ce débat-là, c’est que les pipelines sont sécuritaires à côté des trains. La façon la plus sécuritaire pour le transport du bitume brut, c’est dans un train », a-t-elle expliqué, lors d’une conférence de presse mardi.

May explique que le bitume brut, sans diluants, ne peut pas causer autant de dommages environnementaux que la rupture du controversé projet d’oléoduc Énergie Est, qui passerait près de centaines de cours d’eau.

« S’il y a un accident et qu’un train de bitume tombe dans un ruisseau, le produit va rester là comme un gros bloc. Il ne peut pas exploser, il ne peut pas prendre feu. Si tu veux rendre le bitume dangereux, mets-le dans un pipeline. »

La chef et seule députée du Parti vert fait toutefois exception de la tragédie de Lac-Mégantic, qui a fait 47 morts en juillet 2013. Elle explique que le train transportait un produit « vraiment dangereux, vraiment instable ».

Le Bureau de la sécurité des transports (BST) du Canada a d’ailleurs déterminé que la grande majorité des 63 wagons-citernes de type DOT-111 ont déversé du produit parce qu’ils avaient été endommagés.

Elizabeth May était présente aux côtés du député bloquiste Luc Thériault, entre autres, qui a parrainé une pétition citoyenne de 25 000 signatures contre Énergie Est. Ce dernier estime qu’il faut contrer l’idée selon laquelle le pipeline est une solution de rechange.

« Il n’y aura pas moins de trains, il n’y aura pas moins de bateaux parce qu’il y a un pipeline qui passe. Il y a des gens qui s’imaginent que le pétrole va passer par ce pipeline-là et que c’est donc plus sécuritaire. Ça reste encore à démontrer. »

« Ce n’est pas la question du transport qui pose problème, ce sont les objectifs de TransCanada d’augmenter la production par l’exportation, poursuit Thériault. Par train, 121 000 litres à la minute, c’est impossible. »

Deux visions s'affrontent

Le Bloc québécois refuse que le Québec devienne une « voie de passage » pour le transport du pétrole. Le parti avait misé sur l’insatisfaction des Québécois à l’égard d’Énergie Est lors de la dernière campagne électorale et continue de marteler qu’il n’y a pas d’acceptabilité sociale pour le projet.

Selon Luc Thériault, les promoteurs du projet veulent tout simplement se faire un « coup d’argent pour les 40 prochaines années » avec de l’énergie du passé.

« On voit dans ce projet-là deux économies qui s’affrontent : une du 19e siècle qui est dépassée et une qui voudrait prendre le cap d’un virage vert », a comparé le député bloquiste.

Lors des audiences publiques sur Énergie Est, plus tôt cette année, la compagnie TransCanada a présenté le transport du pétrole par pipeline comme une option plus sécuritaire et « plus verte » que le transport par train.

Or, l’administrateur en chef des opérations du BST, Jean Laporte, a déclaré à ces mêmes audiences que les deux modes de transport peuvent se faire de façon sécuritaire « si les risques sont bien identifiés et gérés de façon proactive ».

Il a fait valoir que la sécurité ferroviaire avait été resserrée au pays depuis l’explosion mortelle de Lac-Mégantic.

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