DIVERTISSEMENT
15/06/2016 06:19 EDT | Actualisé 15/06/2016 06:20 EDT

2 frères, ou l'histoire d'un succès-surprise

Ils s’appellent 2 frères. Pas «Deux frères» comme la série d’Anne Boyer et Michel D’Astous présentée à TVA au début des années 2000, mais 2 frères, ce duo qui a pris tout le monde par surprise avec son succès surgi d’à peu près nulle part dans les derniers mois de 2015.

Leurs noms, Erik et Sonny Caouette, ne vous disent peut-être rien, leur bouille sympa non plus, mais vous avez sûrement augmenté le volume de vos radios en fredonnant Nous autres, Maudite promesse ou Qu’est-ce que tu dirais, trois chansons qui leur ont permis de s’installer confortablement dans les palmarès – au point de devenir les artistes les plus diffusés sur les ondes radiophoniques au Canada depuis le début de 2016 -, de vendre plus de 60 000 copies de leur premier album, Nous autres, paru au printemps 2015, et de rafler le prix Guy Bel de la Révélation de l’année au récent festival Pully-Laveaux à l’heure du Québec, en Suisse.

Portrait des deux frangins de 26 et 27 ans, natifs de Chapais, dans le Nord-du-Québec, issus d’un clan de quatre gamins, passionnés de la chose musicale, qui ne se prennent surtout pas au sérieux.

«Notre projet, c’est vraiment une affaire de famille, raconte Erik. Chez nous, nos parents jouaient de la musique quand on était jeunes. On avait une pièce dans la maison dédiée à ça. On a passé de nombreuses soirées à chanter plusieurs classiques de la musique québécoise, un peu de musique en anglais, mais c’était surtout en français que ça se passait, chez nous. On a eu une éducation francophone unilingue. À l’adolescence, on a commencé à jouer de la guitare, à faire des événements corporatifs et privés, des mariages. Nos parents nous appuyaient là-dedans, nous conduisaient, nous ont acheté un système de son.»

«En 2008, on est déménagés dans les Cantons de l’est pour essayer de percer dans le domaine de la musique. En 2009, on a commencé à se produire dans les bars, en 2010 on vivait exclusivement de notre musique, en se promenant aux quatre coins du Québec. En 2012, on s’est liés d’amitié avec Mario Pelchat, qui est devenu le producteur de notre album sorti l’an dernier.»

Se tenir et s’aimer

Leurs airs aux paroles positives, presque bon enfant, que les plus cyniques pourraient qualifier de faciles ou mièvres, mais qui se retiennent à la première écoute et coulent comme l’eau de source, et qui parlent d’amour, de famille, de bonheur simple, les 2 frères les assument complètement. Dehors le snobisme, place à l’authenticité, voilà ce que semble être leur devise.

«Nous, on a été bercés par ce genre de musique, précise Erik. On pense à Beau Dommage, La Chicane, Okoumé. C’a toujours été clair pour nous que c’est le genre de musique qui nous plaisait. Quand j’étais plus jeune, j’étais guitariste électrique, j’ai trippé sur le vieux rock, sur Ozzy Osbourne, Led Zeppelin et compagnie, mais mes vraies racines sont dans la musique purement québécoise. Ce style s’est imposé de lui-même.»

«Le fait que ce soit très feel good, c’est parce qu’on est des gars très positifs, et on trouve qu’il y a déjà assez de négatif dans la vie pour ne pas avoir besoin, en plus, de faire de la musique négative, plaide pour sa part Sonny. Quand tu feeles bien, c’est le fun d’écouter de la musique positive, et quand tu feeles mal, tu peux aussi te ramener avec de la musique positive. C’est sûr que, de temps en temps, une chanson plus depress peut faire du bien ; on a Maudite promesse, sur notre album, qui parle d’une peine d’amour, qui est un peu plus down, mais reste que c’est important pour nous que l’album s’écoute bien en auto, que ça soit festif.»

«La famille est une valeur qui a toujours été importante pour nous, continue Sonny. On est tous les deux papas d’une petite fille de quatre ans… qui n’est pas la même petite fille! (rires) Ce sont des valeurs qu’on se tue à inculquer à nos enfants et qui nous ont été transmises quand on était jeunes. On s’est toujours tenus, on s’est toujours aimés beaucoup. C’est ce qu’on veut communiquer aux gens à travers notre musique.»

Dans le même esprit, Erik et Sonny ne se font pas de bile outre mesure de ne pas créer d’engouement monstre sur les réseaux sociaux ou de ne pas être la «saveur de l’heure» dans l’industrie artistique. Plaire au «vrai monde» ou séduire les critiques, voilà la grande dualité à laquelle plusieurs chanteurs sont confrontés chez nous, l’unanimité étant rare. Parlez-en à Kaïn…

«Nous, on n’a aucun malaise à ce que les radios commerciales jouent notre matériel. On a l’appui du public et on est super contents. L’album nous représente bien, on est fiers de ce qu’on a fait, et je pense que, rendus là, si les gens et les radios embarquent, c’est tant mieux», martèle Sonny.

2 frères se produira sur la Scène Bell des FrancoFolies de Montréal ce soir, mercredi 15 juin, à 19h, en première partie d’Ariane Moffatt. Toutes les dates de leur tournée sont disponibles sur leur site web officiel.

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