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14/06/2016 09:11 EDT | Actualisé 15/06/2017 01:12 EDT

Venezuela : John Kerry demande la libération des "prisonniers politiques"

Le chef de la diplomatie américaine John Kerry a demandé au Venezuela la libération des "prisonniers politiques" et la fin de la pénurie d'aliments qui frappe ce pays, mardi lors de l'Assemblée générale de l'Organisation des Etats américains.

Evoquant "la situation du Venezuela vivement préoccupante", John Kerry a appelé le gouvernement de Nicolas Maduro à "libérer les prisonniers politiques, respecter la liberté d'expression et mettre fin à la pénurie alimentaire".

"Les Vénézuéliens ont le droit d'utiliser les mécanismes constitutionnels pour manifester leur volonté de manière démocratique", a ajouté le secrétaire d'Etat des Etats-Unis.

"Les affaires intérieures du Venezuela sont gérées par les Vénézuéliens", lui a rétorqué la ministre vénézuélienne des Affaires étrangères Delcy Rodriguez, qui entretient des rapport tendus avec l'organisation et son dirigeant, Luis Almagro, qu'elle accuse d'être à la solde des Etats-Unis.

Elle a également affirmé qu'il n'y avait pas de prisonniers politiques au Venezuela.

Le Venezuela est au bord de l'implosion, déchiré par une bataille politique entre le Parlement contrôlé par la coalition de la Table pour l'unité démocratique (MUD, centre-droit) et le gouvernement socialiste, dans un climat d'exaspération populaire lié à l'effondrement économique de ce pays pétrolier et à la pénurie généralisée.

Le président Nicolas Maduro affronte depuis plusieurs mois une opposition de plus en plus virulente et qui cherche, après avoir conquis le Parlement, à obtenir son départ anticipé via un référendum.

Il est également confronté à une pression internationale croissante.

L'Organisation des Etats américains (OEA) a entamé lundi son assemblée générale à Saint-Domingue. La situation du Venezuela fera l'objet d'une session extraordinaire de l'organisation le 23 juin.

Dans un récent rapport, le secrétaire général de l'OEA Luis Almagro avait estimé que ce pays connaissait une "altération de son ordre constitutionnel" affectant la démocratie.

Donnant le ton des relations tendues qu'entretiennent son pays et cette institution, Delcy Rodriguez a qualifié lundi M. Almagro de "putschiste".

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