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14/06/2016 02:22 EDT | Actualisé 15/06/2017 01:12 EDT

Un avocat chinois dissident prêt aux conséquences d'un nouveau livre (famille)

Un éminent dissident chinois, en résidence surveillée en Chine, est prêt à subir les conséquences de la publication prochaine de son livre évoquant la fin possible du Parti communiste chinois, a déclaré mardi sa fille en pleurs.

L'avocat Gao Zhisheng, grand défenseur des droits de l'Homme, est en résidence étroitement surveillée depuis sa libération de prison en août 2014.

Il avait été condamné à trois ans de prison pour subversion, ce qui avait suscité un vif émoi à l'étranger.

Sa fille, Grace Gao, a expliqué que son père s'apprêtait à publier un livre et qu'il était prêt à en subir les conséquences.

"Il nous a dit que nous (la famille) devions êtres prêts. Il est prêt physiquement et mentalement", a-t-elle dit de son père âgé de 52 ans, lors d'une conférence de presse.

Grace Gao, 23 ans, a fondu en larmes en expliquant que l'avocat était déterminé à sacrifier sa liberté, malgré sa séparation de sa famille.

"Il est déterminé à ne pas quitter la Chine (...) pour des choses qu'il pense justes. Il met de côté sa famille, il pense qu'il y a de choses plus grandes que nous-même", a-t-elle dit.

L'épouse de l'avocat Gen He a fui aux Etats-Unis en 2009 avec leurs deux enfants.

Dans son livre, l'avocat raconte les abus subis pendant sa détention, sa foi en Dieu et son sentiment que le PCC pourrait s'effondrer en 2017.

Ce livre, publié par un éditeur taïwanais, sera mis en vente cette semaine. D'après le député prodémocratie hongkongais Albert Ho, la maison d'édition cherche toujours un distributeur dans l'ancienne colonie britannique repassée sous tutelle chinoise en 19997.

Gao avait déplu aux autorités chinoises en défendant la cause des Chinois les plus vulnérables -- chrétiens, mineurs ou cyberdissidents.

Il n'est pas rare de voir les autorités chinoises, qui contrôlent étroitement les tribunaux et les verdicts, interpeller et condamner des avocats jugés dérangeants.

Gao s'était distingué dès les années 1990 en s'attaquant aux abus de pouvoir de gouvernements locaux.

Il s'était ensuite attiré les foudres des autorités en appelant ouvertement à cesser la répression du mouvement spirituel Falungong, dans le collimateur de Pékin, dont il a défendu certains adeptes.

Après sa libération, sa famille a déclaré qu'il avait été maltraité en prison et souffert de malnutrition.

D'après Grace, l'avocat vit toujours dans des conditions "difficiles", sans soins adéquats.

L'annonce en 2011 de sa condamnation avait suscité de vives critiques de la part des Etats-Unis, de l'Union européenne et des Nations unies, qui avaient appelé à sa libération.

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