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14/06/2016 09:11 EDT | Actualisé 15/06/2017 01:12 EDT

Suicide d'une adolescente canadienne : la justice néerlandaise analyse l'extradition du suspect

Le parquet a demandé mardi devant un tribunal d'Amsterdam l'extradition d'un Néerlandais de 38 ans soupçonné d'être lié au suicide de l'adolescente canadienne Amanda Todd, qui s'était donné la mort après avoir été harcelée sur internet.

"Les conséquences tragiques ont eu un impact si important pour les Britanno-Colombiens (les habitants de la province d'origine d'Amanda Todd, ndlr) qu'ils ont le droit de voir que la justice est rendue dans leur région", a souligné le représentant du parquet, précisant que le suspect "reviendrait aux Pays-Bas pour purger sa peine" en cas d'extradition.

Interpellé en janvier 2014 à Tilburg, dans le sud des Pays-Bas, l'homme présenté dans les médias néerlandais comme étant Aydin C., absent mardi devant les juges, est soupçonné d'avoir forcé 39 jeunes filles à réaliser des actes sexuels devant leurs webcams.

Si elles refusaient de tourner de nouvelles vidéos, il les menaçait de diffuser les anciennes en sa possession.

Ces jeunes filles se trouvaient aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, en Norvège, en Australie et aux Etats-Unis ainsi qu'au Canada qui, outre Amanda Todd, comptait une seconde victime.

Le Canada a lié le suspect au suicide d'Amanda et l'accuse d'extorsion de fonds, de sollicitation d'enfants sur internet à des fins sexuelles, de menaces ou de harcèlement.

Un prédateur avait d'abord persuadé Amanda, à la recherche d'amis sur des sites de chat dès douze ans, de lui montrer ses seins via une webcam, puis s'était vengé en affichant sa photo sur internet après qu'elle avait refusé de lui "faire un show".

A quinze ans, en octobre 2012, Amanda avait mis fin à ses jours après avoir publié son histoire sur YouTube en faisant défiler des phrases écrites au feutre sur de grands cartons. L'émoi avait été immense au Canada.

L'avocat d'Aydin C., qui n'a pas peur d'être jugé outre-Atlantique, a proposé qu'un seul procès se déroule aux Pays-Bas pour l'ensemble des victimes : "il s'agit déjà d'un procès international", a expliqué à l'AFP Robert Malewicz.

Le tribunal d'Amsterdam rendra sa décision concernant la demande d'extradition le 28 juin.

L'éventuelle extradition du suspect, détenu aux Pays-Bas pour production et diffusion de pornographie infantile, aurait lieu après son procès.

Ce procès doit commencer après l'été et se terminer "en avril 2017 au plus tôt", selon M. Malewicz, évoquant de possibles appels.

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