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14/06/2016 10:15 EDT | Actualisé 15/06/2017 01:12 EDT

Réchauffement: il faut investir massivement pour protéger les côtes du Québec

MONTRÉAL — Des investissements massifs sont requis, et ce, dès maintenant, si le Québec veut protéger non seulement l'écosystème des côtes du Saint-Laurent, mais bien toute l'économie de la Gaspésie, des Îles-de-la-Madeleine, de la Côte-Nord et du Bas-du-Fleuve contre le réchauffement climatique.

Une série d'études rendues publiques par le consortium Ouranos, mardi, démontrent qu'à elles seules, ces régions sont confrontées à des pertes totalisant 1,5 milliard $ au cours des 50 prochaines années causées par l'érosion qu'entraîneront les changements climatiques.

Le réchauffement entraîne en effet une montée du niveau de l'eau et une aggravation des grandes marées d'hiver avec leurs vagues dévastatrices en raison de la disparition progressive de la couche de glace sur le fleuve.

En contrepartie, les études démontrent que des mesures d'adaptation permettraient non seulement d'éviter la plus grande part des pertes, mais généreraient même des bénéfices additionnels pour les régions concernées dans trois cas sur quatre.

Le travail des chercheurs vient aussi déboulonner certaines idées reçues, notamment celle voulant que les structures fixes, telles des murailles de béton, offrent la meilleure protection du littoral. Au contraire, ce sont plutôt les solutions de protection mobiles, comme le rechargement des plages avec du sable ou des galets, qui s'avèrent les plus efficaces.

Dans d'autres cas, il faudra plutôt chercher à protéger des bâtiments contre les inondations ou à relocaliser bâtiments et routes.

En raison du développement linéaire le long du Saint-Laurent, ce sont des milliers d'infrastructures qui sont à risque.

Selon les experts, si aucune solution d’adaptation n’est mise en place, l'érosion menace en effet plus de 5400 bâtiments divers dans ces régions, 154 kilomètres de routes municipales, 138 kilomètres de routes nationales (les routes 132 et 138) et 26 kilomètres de voies ferrées.

Sur une base régionale, les pertes potentielles sont estimées à plus de 775 millions $ pour la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine, à près de 500 millions $ pour le Bas-du-Fleuve et à près de 250 millions $ pour la Côte-Nord.

Les travaux des experts ont porté à la fois sur le portrait d'ensemble du littoral du fleuve quant aux risques liés à l'érosion, mais aussi de façon beaucoup plus précise sur 25 segments dans cinq municipalités, soit celles des Îles-de-la-Madeleine, Percé, Carleton-sur-Mer, Maria et Rivière-Ouelle afin d'évaluer différentes zones représentatives.

Leurs recherches démontrent qu'il est plus rentable d'implanter des mesures d'adaptation que de ne rien faire dans 76 pour cent des cas. Dans certains cas, soit le segment de l'Anse du Sud à Percé et dans le secteur de La Grave, aux Îles-de-la-Madeleine, ils soulignent qu'il serait impensable de ne pas intervenir et notent qu'il y a un avantage variable à intervenir dans 12 autres segments. Seuls quatre secteurs sur les 25 étudiés ne présentent aucun avantage à intervenir.